
Ce samedi matin du 21 février 2026, la République Démocratique du Congo a perdu l’une de ses figures les plus marquantes du sport, Barthélémy Okito. Ancien Secrétaire Général aux Sports, homme d’État accompli et administrateur chevronné, il s’est éteint des suites d’une crise d’hypertension, laissant derrière lui un vide immense et un héritage sportif inestimable. Son départ laisse la nation orpheline d’un bâtisseur passionné, dont l’engagement a façonné le paysage sportif congolais pendant près de trois décennies.
Avant de dédier sa vie au ministère des Sports, Barthélémy Okito a tracé une carrière administrative exemplaire, servant l’État pendant près de trente ans. Ses quatre années au Secrétariat Général à la Reconstruction et ses cinq années au Développement Rural ont posé les bases de son dévouement. C’est cependant à la tête du Secrétariat Général aux Sports, durant treize années déterminantes, qu’il a laissé une empreinte indélébile. Sous sa direction, la RDC a vibré au rythme de deux victoires historiques des Léopards : le CHAN 2009 et le CHAN 2016, des moments de fierté nationale qui ont uni le pays dans une ferveur collective. Fier de ce parcours, il rappelait volontiers que ces succès étaient le fruit d’un travail d’équipe acharné.
Profondément convaincu que « la RDC est un pays de sports », Barthélémy Okito n’a cessé de plaider pour un investissement massif dans les infrastructures sportives.
Selon lui, le développement du sport congolais passait inévitablement par la dotation de chaque province d’installations modernes, soutenues par une politique nationale ambitieuse, planifiée et structurée. Il déplorait également la disparition progressive de la formation sportive de base, regrettant que les filières de formation solides pour des disciplines comme le football, le judo, le basketball ou les arts martiaux, autrefois florissantes, aient laissé place à une « génération spontanée ». Il se souvenait avec nostalgie de l’époque où tout commençait dans les écoles, formant ainsi de véritables athlètes dès le plus jeune âge.
Le parcours de Barthélémy Okito fut aussi riche et atypique qu’inspirant. Judoka accompli, footballeur passionné, musicien amateur, dirigeant sportif respecté, technicien minier, enseignant universitaire et même député provincial, il a exploré de multiples facettes. Il racontait avec humour et philosophie comment le destin l’avait parfois envoyé sur des chemins inattendus, comme en géologie alors qu’il aspirait à l’aménagement du territoire, mais qu’il s’était toujours battu pour servir. Ses souvenirs d’enfance dans les quartiers populaires de Kinshasa, où il combattait le banditisme aux côtés du Père Bufalo, en tant que judoka, footballeur et jiu-jitsuka, témoignent d’un engagement précoce pour la protection de sa communauté. Son influence s’est étendue sur plusieurs provinces, où il a présidé des cercles sportifs, occupé des postes de vice-président dans des ligues de football, dirigé des clubs et formé de nombreux jeunes talents.
Barthélémy Okito restera gravé dans les annales comme l’un des Secrétaires Généraux aux Sports les plus marquants de l’histoire récente de la RDC. Son nom est indissociable des deux sacres continentaux, mais surtout d’une vision claire et pragmatique : « la reconstruction du sport congolais passe par la formation, les infrastructures et la discipline administrative ». Au-delà des structures qu’il a contribué à bâtir, il a formé et inspiré des générations de dirigeants, d’athlètes et de cadres. Il laisse le souvenir d’un homme rigoureux, passionné, engagé, dont l’amour profond pour la République Démocratique du Congo a guidé chacune de ses actions. Sa mémoire continuera de guider les futures générations vers l’excellence sportive et un engagement patriotique sans faille.
Divine Atante