
Le rêve austral a viré à l’urgence sanitaire internationale. Le navire de croisière MV Hondius, qui effectuait la liaison entre Ushuaia (Argentine) et l’archipel du Cap-Vert, est actuellement immobilisé au large du port de Praia. À son bord, un foyer infectieux de hantavirus a déjà coûté la vie à trois passagers et provoqué l’évacuation de plusieurs cas suspects vers l’Europe et l’Afrique du Sud.
La situation a pris une dimension mondiale ce mercredi 6 mai. Le ministère suisse de la Santé a confirmé qu’un passager, de retour d’Amérique du Sud, est actuellement traité à l’Hôpital universitaire de Zurich. Parallèlement, le ministre sud-africain de la Santé a révélé que la souche « des Andes » a été identifiée sur un patient évacué vers ses services. Cette découverte est cruciale : cette variante spécifique du virus est l’une des rares capables de se transmettre directement d’un être humain à un autre.
Le bilan provisoire est lourd. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), deux ressortissants néerlandais et une citoyenne allemande ont succombé à l’infection durant la traversée. Actuellement, 88 passagers et 59 membres d’équipage, représentant 23 nationalités, demeurent confinés sur le bâtiment. Trois cas suspects ont été débarqués en urgence au Cap-Vert pour être rapatriés par voie aérienne.
Face à la dangerosité de la souche, les tensions diplomatiques s’accentuent. Alors que des rumeurs évoquaient une escale prochaine à Tenerife, le président des Îles Canaries, Fernando Clavijo, a fermement opposé son veto, refusant que le paquebot n’accoste dans l’archipel espagnol. Le navire reste pour l’heure sous surveillance stricte au large des côtes ouest-africaines, en attente d’un protocole de gestion de crise coordonné par les autorités sanitaires internationales.
Willy Ulengu Samuanda