RDC | Amnesty International dénonce les « crimes de guerre » occultés des ADF

Alors que l’attention diplomatique et médiatique se cristallise sur le conflit lié à l’AFC/M23, les Forces démocratiques alliées (ADF) intensifient leurs exactions dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Dans un rapport accablant publié ce mardi 5 mai, l’organisation Amnesty International documente une recrudescence de violences extrêmes contre les populations civiles, qualifiant ces actes de « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

L’organisation de défense des droits humains dresse un inventaire macabre des violations commises par ce groupe affilié à l’État islamique : exécutions sommaires, enlèvements, tortures et violences sexuelles systématiques, incluant des mariages et grossesses forcés. Selon le rapport, les civils ne sont plus des victimes collatérales mais les cibles prioritaires d’une stratégie de représailles face aux opérations militaires des FARDC. Les infrastructures sociales, telles que les centres de santé et les écoles, sont délibérément pillées et incendiées, annihilant tout espoir de résilience locale.

Amnesty International souligne un paradoxe sécuritaire : l’expansion de la rébellion soutenue par le Rwanda au Sud-Kivu semble occulter la tragédie qui se joue plus au nord. Cette « crise ignorée » aggrave un déplacement massif de populations, privant des milliers de familles d’accès à la terre et aux services de base. L’ONG avertit que l’absence de réponse structurée favorise une escalade humanitaire sans précédent dans les zones de Beni et d’autres

Face à ce constat, l’organisation appelle les autorités congolaises et la communauté internationale à une rupture avec l’attentisme. Elle préconise une approche multidimensionnelle intégrant non seulement la sécurisation des zones rurales, mais aussi un mécanisme de justice transitionnelle pour poursuivre les auteurs des crimes. Amnesty insiste sur l’urgence de mettre en place des programmes de réinsertion robustes pour stabiliser durablement ces régions meurtries.

 

Willy Ulengu Samuanda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.