
La situation sécuritaire demeure préoccupante dans la région de Beni, au Nord-Kivu. Dans la nuit du dimanche 31 mai 2026, au moins sept membres de la communauté autochtone Twa ont été tués lors d’une attaque attribuée à des combattants présumés des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le quartier Ngadi.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les assaillants auraient d’abord rassuré leurs victimes avant de passer à l’acte. Parmi les survivants figure Mambiya Mubere, qui déplore le sort réservé à sa communauté.
« Nous sommes des Pygmées, nous ne connaissons rien de la politique, mais on nous tue », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans le Grand Nord. Depuis plusieurs semaines, les territoires de Beni, Irumu et Mambasa enregistrent une multiplication des incursions armées attribuées aux ADF, malgré les opérations militaires en cours dans le cadre de l’état de siège.
À Beni, devenue le siège provisoire des institutions provinciales du Nord-Kivu, ce drame a ravivé les inquiétudes de la population sur l’efficacité du dispositif sécuritaire. Dimanche, des habitants ont manifesté leur colère en transportant les corps des victimes vers le centre-ville, exprimant leur exaspération face à la persistance des attaques contre les civils.

Pour plusieurs acteurs de la société civile, cette tragédie souligne l’urgence de renforcer la protection des populations vulnérables, notamment les communautés autochtones vivant dans les zones exposées aux groupes armés. Ils appellent également à une évaluation approfondie des stratégies sécuritaires déployées dans la région.
Alors que le bilan humain des violences continue de s’alourdir dans l’Est de la République démocratique du Congo, cette nouvelle attaque rappelle les défis auxquels restent confrontées les autorités dans leur lutte contre l’insécurité et la protection des populations civiles.
WILLY ULENGU