Tanganyika | Kalemie, le gouvernement congolais apporte une aide humanitaire aux déplacés de guerre et promet un retour durable à la paix

Dans la province du Tanganyika, le gouvernement de la République démocratique du Congo a lancé une nouvelle opération d’assistance humanitaire en faveur des milliers de personnes déplacées par les conflits armés dans l’Est du pays. Conduite par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, cette mission vise à soulager les populations contraintes de fuir leurs villages à la suite de l’insécurité persistante liée aux affrontements armés qui secouent plusieurs provinces de l’Est.

« La solidarité nationale doit se traduire par des actions concrètes », a rappelé la ministre d’État dès son arrivée à Kalemie le 7 juin 2026, où elle a été rejointe par le gouverneur du Tanganyika, Yves Kitungwa.

Ensemble, ils ont inspecté un important convoi de camions transportant des vivres et des biens de première nécessité destinés aux familles déplacées installées dans différents sites d’accueil de la ville.

Avant le début des distributions, les autorités ont procédé à la vérification du chargement des véhicules. Cette étape, expliquée par le directeur général de la Caisse de Solidarité Nationale et de Gestion Humanitaire des Catastrophes, Raymond Bongole Efoya, visait à garantir la transparence de l’opération et l’acheminement effectif des secours vers les bénéficiaires.

La délégation gouvernementale s’est ensuite rendue au site de Katanika II, situé sur l’axe Kalemie-Katibili. Sur place, les déplacés ont réservé un accueil chaleureux aux autorités. Pour de nombreuses familles vivant depuis plusieurs mois dans des conditions précaires, cette visite représentait bien plus qu’une simple distribution de dons.

« Votre présence nous rappelle que nous ne sommes pas oubliés », a résumé une représentante des déplacés au nom des familles du site.

Avant la cérémonie officielle de remise de l’assistance, Ève Bazaiba Masudi et le gouverneur Yves Kitungwa ont parcouru les installations du camp. Ils ont constaté la réalité quotidienne des ménages vivant encore sous des bâches de fortune ainsi que l’avancement des travaux de construction de logements plus durables. Selon les responsables techniques du projet, les nouvelles habitations devraient être achevées dans un délai d’environ un mois.

Face aux déplacés, la ministre d’État a tenu à transmettre un message de soutien des plus hautes autorités du pays.

« Vous êtes chez vous et la République ne vous abandonnera pas », a-t-elle déclaré, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à poursuivre les efforts de stabilisation dans les zones affectées par les violences armées.

L’assistance distribuée comprenait notamment des seaux, des bâches, des gobelets, des savons, des pagnes, de l’huile alimentaire, de la farine de maïs et du sucre. Afin d’assurer une distribution équitable, les dons ont été remis officiellement aux autorités provinciales puis confiés à une commission chargée de leur répartition entre les ménages bénéficiaires.

La même opération a été organisée quelques heures plus tard au site de Rugigi, dans la commune de Lukuga. Là encore, les déplacés ont exprimé leur reconnaissance tout en profitant de l’occasion pour faire entendre leurs préoccupations. Parmi eux figuraient des personnes vivant avec handicap, des personnes âgées et des femmes victimes des conséquences directes de la guerre.

« Malgré les souffrances, nous devons continuer à croire en l’avenir », a encouragé la ministre, saluant la résilience des populations affectées.

L’un des témoignages les plus marquants de cette visite a été celui d’une femme déplacée originaire d’Uvira. Après avoir fui les violences, elle tente aujourd’hui de faire vivre sa famille grâce à la vente de gravier de construction à Kalemie. Chaque brouette de gravier, communément appelée « Madjuwe » en swahili, lui rapporte environ 3 000 francs congolais. Une activité modeste mais essentielle pour assurer la survie de ses enfants.

Touchée par ce récit, Ève Bazaiba Masudi a salué « le courage et l’esprit d’initiative » de cette mère de famille, devenue pour beaucoup un symbole de la capacité de résilience dont font preuve les déplacés malgré l’adversité.

Cette mission intervient dans un contexte où les besoins humanitaires demeurent considérables en République démocratique du Congo. Selon plusieurs agences humanitaires internationales, des millions de Congolais vivent encore loin de leurs foyers en raison des conflits armés, de l’insécurité et des crises communautaires qui touchent particulièrement l’Est du pays.

Ces derniers mois, les autorités congolaises ont multiplié les initiatives d’assistance en faveur des populations déplacées dans différentes provinces. Toutefois, les organisations humanitaires rappellent régulièrement que l’aide d’urgence, aussi importante soit-elle, ne peut constituer qu’une réponse temporaire. Le retour durable des déplacés dépend avant tout du rétablissement de la sécurité, de la reconstruction des infrastructures de base et de la création de conditions favorables à leur réinstallation volontaire.

À Kalemie, les distributions de vivres et de biens non alimentaires apportent un soulagement immédiat à des familles éprouvées par l’exil et la précarité. Mais au-delà de cette aide ponctuelle, les déplacés attendent surtout la fin des violences et la possibilité de retrouver leurs terres, leurs maisons et leur vie d’avant. C’est sur cette promesse de paix durable que reposent désormais les principaux espoirs des milliers de Congolais contraints de vivre loin de leurs communautés d’origine.

Passy Kabuya

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