
La jeunesse congolaise attend des actes, et c’est sur le terrain de la décentralisation que se joue désormais l’avenir de la Carte Avantage Jeune (CAJ). Ce lundi 8 juin 2026, la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grace Kutino, a franchi les portes du ministère de l’Intérieur pour une séance de travail décisive avec le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani. L’objectif est clair : obtenir le feu vert et l’appui logistique des autorités provinciales pour que ce sésame ne reste pas un privilège kinois.
« Notre ambition demeure de permettre à chaque jeune Congolais, où qu’il se trouve, d’accéder aux opportunités offertes par cette carte », a martelé la ministre à l’issue de l’audience.
Pour réussir ce pari, l’implication des gouverneurs de province et des services de sécurité est une condition sine qua non à la viabilité du projet. Grace Kutino a sollicité une orientation formelle de la part du patron de la territoriale afin de lever les verrous administratifs qui freinent souvent les initiatives nationales en province. En réponse, Jacquemain Shabani a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le processus, soulignant qu’une « coordination gouvernementale efficace est le seul gage d’un déploiement cohérent et équitable du dispositif sur toute l’étendue du territoire ».
Ce rapprochement entre la Jeunesse et l’Intérieur marque un tournant dans la mise en œuvre d’une promesse phare du gouvernement, visant à offrir des réductions et des accès facilités aux services publics pour les moins de 35 ans. Le Vice-Premier ministre a salué la pertinence d’un programme qui, s’il est bien exécuté, pourrait devenir un puissant levier d’inclusion sociale.
« Le succès de la CAJ dépendra de son appropriation par les autorités locales », a-t-on insisté lors des échanges, rappelant que l’efficacité de l’État se mesure désormais à sa capacité à servir les zones les plus reculées.
Ce déploiement intervient après une phase pilote riche en enseignements et des mois d’attente de la part des organisations estudiantines et associatives. En s’appuyant sur les structures de la décentralisation, le gouvernement espère éviter les écueils des programmes précédents qui s’essoufflaient aux portes de la capitale. Les prochaines semaines seront déterminantes pour observer si les circulaires ministérielles se traduisent par une distribution effective des cartes dans le Congo profond, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère de citoyenneté active pour la jeunesse.
Willy Ulengu Samuanda
