
Le ministre des Postes et télécommunications, José Mpanda Kabangu, a officiellement lancé, mercredi soir à Kinshasa, la campagne diplomatique visant à faire siéger la République démocratique du Congo au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Face à un parterre d’ambassadeurs et de représentants d’organisations internationales, le ministre a dévoilé l’ambition du pays pour le mandat 2027-2030, lors d’un scrutin prévu en novembre prochain à Doha, au Qatar. « Notre candidature s’inscrit dans cette ambition de hisser la RDC aux standards internationaux en matière de connectivité », a martelé le ministre, marquant ainsi une étape clé pour la diplomatie numérique nationale.
Cette stratégie de conquête repose sur un argumentaire solide : la position géostratégique du pays et son rôle institutionnel déjà acté au sein du secteur. En tant que siège de l’Union africaine des télécommunications (UAT), la RDC estime naturel de vouloir peser davantage sur les directives mondiales du numérique.
« Il serait donc cohérent que le pays qui abrite le siège de l’UAT participe activement à la prise de décision au sein de l’organisation suprême du secteur », a insisté José Mpanda, invitant les diplomates présents à porter ce plaidoyer auprès de leurs autorités compétentes.
Pour appuyer cette vision, Christian Katende, président de l’Autorité de régulation (ARPTC), a souligné le poids démographique et économique du marché congolais, fort de 110 millions d’habitants et de 74 millions d’abonnements mobiles. « Nous voulons mettre cette dynamique au service du continent afin que l’Afrique renforce sa compétitivité et accélère son intégration numérique », a-t-il déclaré, rappelant que la RDC aspire à devenir le hub numérique de l’Afrique centrale. Cette ambition de leadership continental s’accompagne d’une promesse de partage d’expériences et d’innovation pour les États membres.
L’argument économique est également au cœur de cette candidature, notamment via les ressources naturelles stratégiques que possède le pays, indispensables à la révolution technologique mondiale. Le pays ne se contente plus d’être un réservoir de matières premières pour les semi-conducteurs, il revendique un rôle dans la définition des normes numériques de demain.
« La RDC contribue à la chaîne mondiale de valeur, elle revendique donc légitimement une place à la table où se décident les règles de la révolution technologique », a précisé Christian Katende.

L’engagement de la diplomatie congolaise a été réaffirmé par la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato, qui a promis un accompagnement sans faille de cette candidature jusqu’au vote au Qatar.
« L’UIT demeure un partenaire stratégique, et nous mettrons à contribution tous nos canaux bilatéraux et multilatéraux pour garantir le succès de cette ambition », a-t-elle déclaré, soulignant que cette visibilité renforcerait l’image de marque de la RDC sur la scène internationale. Cet appui politique vient consolider le plaidoyer technique mené par le ministère des Télécommunications.
Rappelons que cette démarche s’inscrit dans un élan de réformes amorcées par le gouvernement pour moderniser ses infrastructures de télécommunications et accroître l’inclusion numérique sur l’ensemble du territoire. Si les précédentes éditions avaient montré une RDC en phase d’apprentissage des instances internationales, cette nouvelle candidature marque une volonté de passer à une phase proactive de gouvernance. L’enjeu pour Kinshasa sera, d’ici novembre, de convaincre les délégations étrangères que son influence numérique est désormais à la hauteur de son potentiel démographique et énergétique.
Freddy Millions Mbwebwe