
La mobilisation du monde universitaire en faveur de la transformation locale des minerais se poursuit en République démocratique du Congo.
Le 29 juillet 2026, à l’Institut national des arts (INA), le député national Thierry Mulumba Mpandanjila a animé une conférence réunissant des étudiants issus de 17 universités de Kinshasa, dans le cadre de la deuxième cohorte du Concours Interuniversitaire National Mpandanjila, consacré à sa Proposition de Loi sur la transformation locale et le développement des chaînes de valeur des substances minérales.



En présence du corps académique et du représentant de la Ministre de l’ESURSI, l’élu de Demba a replacé cette proposition de Loi dans le contexte de la transition énergétique, de la révolution numérique et de la compétition mondiale pour les minerais critiques et stratégiques. Malgré son statut de premier producteur mondial de cobalt et de deuxième producteur de cuivre, a-t-il rappelé, la RDC continue de tirer une faible valeur de ses ressources, l’essentiel des bénéfices étant capté par les activités de raffinage, de transformation industrielle et de fabrication réalisées à l’étranger.
Pour illustrer cette réalité, Thierry Mulumba a comparé la valeur des grandes entreprises extractives à celle des géants technologiques qui exploitent les produits issus de ces minerais, soulignant que la création de richesse repose avant tout sur la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur.



Le parlementaire a également précisé la distinction entre minerais critiques et minerais stratégiques, l’une des innovations majeures de sa proposition de loi. Si un minerai est critique lorsqu’il est indispensable mais vulnérable aux ruptures d’approvisionnement, il devient stratégique lorsqu’il constitue un levier de puissance économique, industrielle et géopolitique pour un État. À ce titre, le cobalt est critique pour de nombreux pays consommateurs, mais stratégique pour la RDC, qui concentre une part importante des réserves mondiales.
Évoquant également les minerais liés aux conflits dans l’Est du pays, Thierry Mulumba a estimé que leur gestion relève autant des enjeux économiques que de la souveraineté nationale et de la sécurité. Selon lui, l’abondance des ressources ne garantit ni le développement ni la stabilité tant que le pays ne maîtrise pas leur valorisation.
La Loi Mpandanjila ambitionne ainsi de compléter le Code minier en créant un cadre juridique dédié aux activités post-extractives. Elle vise notamment à encourager les investissements industriels, le transfert de technologies, la formation des compétences nationales, l’intégration des entreprises congolaises et le développement de chaînes de valeur locales.


Cette démarche s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui plaide pour la fin de l’exportation des minerais bruts et l’émergence de partenariats fondés sur la transformation locale et la création de valeur en RDC.
En clôture de la conférence, Thierry Mulumba a appelé les étudiants à devenir les acteurs de cette transformation, estimant que l’avenir industriel du pays dépendra autant de la qualité des réformes que de la capacité des universités à former les compétences appelées à bâtir les industries congolaises de demain.
LUKEKA KALUME