Budget 2027 | Adolphe Muzito ouvre les conférences budgétaires pour préparer une loi des finances axée sur des prévisions plus fiables

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement lancé, ce mercredi à Kinshasa, les conférences budgétaires 2027. Sous le haut patronage du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et conformément aux orientations de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a donné le coup d’envoi de ces travaux qui se dérouleront durant dix jours et aboutiront à l’élaboration de l’avant-projet de loi des finances 2027.

« Le budget doit traduire les ambitions du pays en actions concrètes », a insisté le ministre devant les participants.

Réunissant des membres du Gouvernement, des responsables des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts des administrations, ces assises visent à produire des prévisions budgétaires plus crédibles et plus réalistes. Adolphe Muzito a appelé les participants à faire de ces conférences « un exercice de vérité budgétaire et de responsabilité », tout en réaffirmant l’engagement du Gouvernement à déposer le projet de loi des finances dans le respect des délais fixés par la Constitution et les lois de la République.

Le Vice-Premier ministre a également fixé plusieurs priorités techniques. Il a demandé une amélioration de la qualité des projections économiques, une meilleure évaluation des recettes issues du secteur minier, un renforcement de la traçabilité des flux financiers ainsi qu’un suivi rigoureux du solde budgétaire hors ressources naturelles.

« La soutenabilité des finances publiques repose sur des prévisions solides et une gestion rigoureuse », a-t-il déclaré, estimant que ces réformes sont essentielles pour consolider la politique budgétaire nationale.

Saluant la vision du Chef de l’État, Adolphe Muzito a estimé que la RDC poursuit une dynamique de stabilité macroéconomique malgré un contexte international et sécuritaire exigeant. Selon lui, cette stabilité constitue un levier pour renforcer les investissements publics, développer les infrastructures, consolider la souveraineté nationale et améliorer progressivement les conditions de vie de la population.

« Les résultats obtenus doivent désormais être transformés en bien-être collectif », a-t-il souligné.

Sur le plan des perspectives financières, le Gouvernement prévoit une progression graduelle de la pression fiscale. Celle-ci devrait passer de 12,5 % en 2026 à 14 % en 2027, avant d’atteindre une moyenne de 15 % entre 2028 et 2030, avec l’ambition de dépasser 17 % d’ici 2035. Les projections officielles tablent également sur une évolution des recettes courantes, estimées à 15,3 milliards de dollars américains en 2026, 18 milliards en 2027 et 21 milliards en 2028. À plus long terme, l’exécutif envisage d’atteindre 40 milliards de dollars de recettes à l’horizon 2035. Ces chiffres demeurent des objectifs de planification qui seront conditionnés par les performances économiques et fiscales des prochaines années.

Durant les dix jours de travaux, les experts analyseront les besoins de financement des services publics, les mécanismes susceptibles d’accroître la mobilisation des recettes et les risques pouvant affecter l’exécution budgétaire. L’objectif consiste à transformer davantage la croissance économique en ressources publiques tout en assurant une meilleure redistribution des moyens disponibles.

« Une bonne prévision des recettes demeure la clé d’un budget crédible », a rappelé Adolphe Muzito.

De son côté, la secrétaire générale au Budget, Jeanne Golomingi, a indiqué que ces conférences devront aboutir à des estimations plus fiables aussi bien pour les recettes que pour les dépenses. Elle a également insisté sur l’amélioration de la discipline budgétaire et sur la poursuite de la réforme du budget-programme, présentée comme un instrument destiné à orienter les dépenses publiques vers les résultats et les priorités nationales.

« Les ressources doivent répondre aux besoins prioritaires du pays », a-t-elle affirmé.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité des réformes des finances publiques engagées depuis plusieurs années en RDC, notamment le renforcement progressif du budget-programme, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration de la mobilisation des recettes internes. Les précédentes conférences budgétaires avaient déjà mis l’accent sur la modernisation de la gestion des finances publiques et le respect du calendrier constitutionnel de dépôt des projets de loi des finances. Pour l’exercice 2027, le défi sera désormais de transformer ces orientations en résultats mesurables, capables de soutenir durablement le développement économique, le financement des services publics et les priorités sociales du Gouvernement.

Willy Ulengu Samuanda

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