
C’est un geste à forte portée symbolique qui vient marquer une nouvelle étape dans la volonté d’apaisement affichée par les autorités congolaises. Olivier Kamitatu Etsu, figure centrale de l’opposition et bras droit de Moïse Katumbi, a recouvré son passeport, un document dont il était privé depuis plusieurs années. Cette restitution, confirmée par ses proches, s’inscrit officiellement dans le cadre des mesures de « décrispation » politique promises pour restaurer la confiance entre le pouvoir et les leaders de l’opposition en République démocratique du Congo.
« Ce geste constitue une reconnaissance tacite de la nécessité d’un espace politique libéré de toute entrave administrative », souligne un analyste politique proche du dossier.
Pour l’entourage du président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, le recouvrement de ce titre de voyage par son directeur de cabinet et porte-parole n’est pas une simple formalité technique, mais le rétablissement d’un droit fondamental garantissant la liberté de mouvement de tout citoyen. Olivier Kamitatu, dont le parcours politique a été marqué par des années de tensions et d’exil, incarne cette frange de l’opposition dont la pleine participation à la vie nationale est jugée nécessaire par les observateurs pour un dialogue inclusif.
« La démocratie ne s’accommode pas de restrictions invisibles ; le droit de circuler est le premier pilier du droit d’agir », confie une source interne au parti.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où le gouvernement cherche à consolider le climat de dialogue national, après une période électorale souvent empreinte de fortes crispations. En levant ces barrières administratives, le pouvoir central envoie un message clair : la volonté de tourner la page des contentieux politiques hérités du passé. Toutefois, si cette mesure est saluée comme un signe positif, les observateurs rappellent que la crédibilité de ce processus de décrispation repose désormais sur la pérennité de telles actions et sur leur extension à d’autres dossiers pendants qui préoccupent encore les acteurs de la société civile et de l’opposition.
L’histoire politique récente de la RDC nous rappelle que de telles mesures de confiance ne sont jamais anodines. Par le passé, lors des cycles de dialogue précédents, la question de la liberté de mouvement des opposants avait été au cœur des revendications des accords de la Saint-Sylvestre. La restitution du passeport d’Olivier Kamitatu résonne donc avec les engagements pris lors de ces périodes charnières, où le retour des exilés et la fin des tracasseries administratives constituaient les gages de bonne foi indispensables à toute réconciliation nationale.
Le paysage politique congolais dépendent désormais de la capacité des parties prenantes à transformer ces gestes isolés en une véritable dynamique de cohésion nationale. Pour les analystes, le défi pour Kinshasa sera de démontrer que cette ouverture n’est pas une réponse conjoncturelle à une pression immédiate, mais le fruit d’une conviction démocratique profonde. Si le dialogue politique doit se poursuivre dans les mois à venir, l’apaisement devra inévitablement passer par la levée de tous les verrous qui entravent encore l’expression pleine et entière des libertés publiques.
CHRISTIVIE MBULI