RDC | Felix Antoine Tshisekedi lance le boulevard Étienne Tshisekedi pour désengorger la capitale

 

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé, mardi 11 août 2026 à Kinshasa, les travaux de construction du boulevard baptisé du nom de son père, l’ancien Premier ministre et figure historique de l’opposition congolaise Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Long d’environ deux kilomètres, ce nouvel axe doit prolonger le boulevard Triomphal jusqu’à la place Bakayawu, à Bandalungwa, avec un objectif immédiat : offrir une nouvelle voie aux automobilistes dans une capitale régulièrement paralysée par les embouteillages.

Le projet prévoit une chaussée de huit voies, accompagnée d’aménagements destinés à rendre l’axe plus fonctionnel et plus sûr. Trottoirs, drainage des eaux de pluie, éclairage public, signalisation et espaces verts sont annoncés comme faisant partie de l’infrastructure.

« Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir une nouvelle route, mais de créer un axe capable d’améliorer durablement la mobilité », résume la présentation du projet par les autorités provinciales.

Le futur boulevard traversera le secteur du camp Lieutenant-Colonel Kokolo avant de rejoindre la place Bakayawu. Il doit ainsi créer une liaison supplémentaire dans une partie de Kinshasa où les axes existants supportent déjà une forte pression automobile. Une publication consacrée au projet en avril évoquait déjà huit bandes de circulation et la volonté de soulager notamment les congestions observées vers le rond-point Moulaert et l’avenue Kasa-Vubu.

Derrière le nom d’Étienne Tshisekedi, le gouvernement veut surtout inscrire l’ouvrage dans une politique plus large de modernisation de la voirie kinoise. Le boulevard porte certes une dimension mémorielle, mais son enjeu quotidien sera ailleurs : permettre aux habitants de se déplacer plus facilement, raccourcir certains trajets et offrir de nouvelles possibilités de circulation.

« Une route utile est d’abord une route qui répond aux besoins de ceux qui l’empruntent chaque jour. »

Le chantier est confié à l’entreprise chinoise China Railway 20 Bureau Group Corporation, connue sous le sigle CR20. Des opérations préparatoires avaient déjà été signalées avant le lancement officiel, notamment le curage, l’installation de la base du chantier et les études nécessaires à la préparation des travaux.

Les autorités annoncent une exécution rapide. Selon les informations communiquées lors du lancement, l’entreprise vise une ouverture à la circulation dans un délai d’environ douze mois. Elle prévoit également d’associer les autorités locales et les communautés riveraines, notamment autour des questions d’emploi et de formation professionnelle.

« Le chantier devra aussi produire des retombées pour les populations qui vivent autour de l’ouvrage. »

Mais l’annonce d’une nouvelle route ne suffit pas, à elle seule, à régler la crise de mobilité de Kinshasa. La capitale compte des millions d’habitants et son réseau routier reste soumis à une pression croissante. Les embouteillages ne sont pas uniquement liés au manque de chaussées : stationnement anarchique, état de certaines routes, drainage insuffisant, gestion de la circulation et croissance rapide du parc automobile participent également au problème.

C’est pourquoi l’efficacité du futur boulevard dépendra aussi de son entretien et de son intégration dans l’ensemble du réseau. Une infrastructure neuve peut rapidement perdre une partie de son utilité si elle n’est pas entretenue, correctement drainée et reliée à des axes eux-mêmes praticables.

« Construire est une étape ; entretenir et gérer correctement l’ouvrage en est une autre. »

Le drainage constitue notamment un enjeu important pour Kinshasa. Les fortes pluies peuvent rapidement transformer certaines artères en zones difficiles d’accès lorsque les ouvrages d’évacuation des eaux sont insuffisants ou mal entretenus. Le choix d’intégrer un système moderne de drainage au projet répond donc à une problématique qui dépasse la simple circulation automobile.

Le projet s’inscrit dans les ambitions de modernisation de la voirie urbaine portées par les autorités nationales et provinciales. En avril 2026, les autorités de Kinshasa présentaient déjà ce boulevard comme l’un des projets destinés à multiplier les alternatives de circulation et à réduire la pression sur certains axes saturés.

Cette nouvelle infrastructure intervient aussi dans un contexte où le chef de l’État suit de près les questions liées au cadre de vie de la capitale. Lors du Conseil des ministres du 29 mai 2026, Félix Tshisekedi avait notamment insisté sur la nécessité de lutter contre l’insalubrité et d’améliorer durablement l’environnement urbain de Kinshasa.

Le défi sera désormais de transformer cette succession d’annonces et de chantiers en résultats visibles pour les Kinois. Une route achevée dans les délais, correctement éclairée, drainée et entretenue pourrait constituer un gain réel pour la mobilité. Mais les habitants jugeront surtout le projet à l’usage : temps de trajet, sécurité, accessibilité et capacité à réduire effectivement les points de congestion.

Un autre enjeu sera le respect des engagements pris pendant la construction. Le calendrier annoncé, la qualité des matériaux, la sécurité du chantier, la gestion des éventuelles nuisances et l’implication des riverains devront faire l’objet d’un suivi régulier.

« La réussite d’un grand chantier se mesure autant à sa qualité qu’au respect des engagements pris envers la population. »

À terme, le boulevard Étienne Tshisekedi pourrait devenir davantage qu’un nouvel axe routier. S’il est correctement connecté au réseau existant et accompagné d’une politique cohérente de circulation, il pourrait contribuer à réorganiser une partie des déplacements dans l’ouest de Kinshasa. Mais son impact réel ne pourra être évalué qu’après sa mise en service et plusieurs mois d’exploitation.

Le choix du nom d’Étienne Tshisekedi ajoute enfin une dimension symbolique à l’ouvrage. Figure majeure de la politique congolaise et père de l’actuel président, il demeure associé à une longue histoire de revendication démocratique. En donnant son nom à cette infrastructure, les autorités inscrivent donc une mémoire politique dans le paysage urbain de la capitale.

Reste maintenant le plus difficile : faire en sorte que le symbole ne prenne pas le dessus sur l’utilité publique. Pour les Kinois, la question sera simple lorsque les travaux seront terminés : la route permettra-t-elle réellement de mieux circuler ?

Le compte à rebours est lancé. Si le délai annoncé d’environ douze mois est respecté, les premiers véhicules pourraient emprunter le nouvel axe à l’horizon de 2027. D’ici là, le suivi du chantier, la transparence sur son avancement, la qualité des travaux et l’entretien futur seront les véritables indicateurs permettant de juger cette promesse de modernisation.

« À Kinshasa, une route n’est jamais seulement une infrastructure : c’est du temps gagné, des activités facilitées et une ville qui respire un peu mieux. »

 

Willy Ulengu Samuanda

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