À Kinshasa ,| La 2ème édition GENOFESTIVAL mobilise la culture pour faire vivre la mémoire du GENOCOST

Kinshasa, 30 août 2026. La deuxième édition du GENOFESTIVAL s’est tenue dimanche à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, en marge de la Journée nationale du GENOCOST célébrée le 2 août. Organisé par LIBANGA EVENT, le festival a réuni artistes, universitaires, jeunes et acteurs engagés autour d’un même message : préserver la mémoire des victimes des violences en RDC et sensibiliser les nouvelles générations.

La rencontre a été marquée par les interventions du professeur Jean-Richard Kambayi Bwatshia et de l’ambassadeur Blaise Mawete, ainsi que par plusieurs prestations artistiques. « Une génération se souvient, une génération transmet, une génération agit », résumait la démarche portée par les organisateurs.

Prenant la parole, Blaise Mawete a salué l’implication du président Félix-Antoine Tshisekedi dans la commémoration du GENOCOST.

« C’est une joie immense et un geste fort quand nous voyons l’implication du chef de l’État », a déclaré l’ambassadeur, estimant que cette démarche nourrit l’espoir de voir les violences prendre fin et leur répétition empêchée.

Le professeur Jean-Richard Kambayi Bwatshia a, lui, insisté sur le devoir de mémoire. Dans une intervention marquée par des chiffres très élevés sur le nombre de victimes, il a appelé les Congolais à assumer collectivement la mémoire des morts et à ne pas laisser les populations de l’Est porter seules le poids des violences.

« Nous sommes là pour pleurer les nôtres : plus de 6 millions», a-t-il notamment déclaré.

Pour David Saidi, initiateur et coordonnateur du GENOFESTIVAL, le temps de la seule commémoration doit désormais laisser place à l’action. Il a annoncé la poursuite des campagnes de sensibilisation, notamment dans les universités, et appelé la jeunesse à s’approprier la question du GENOCOST.

« Nous devons agir », a-t-il lancé devant le public.

Le festival s’inscrit dans une dynamique déjà engagée par les autorités congolaises. Le 2 août, Félix Tshisekedi avait participé à la commémoration nationale du GENOCOST au Mémorial du Genocost à Kinshasa, autour du thème « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? ». La cérémonie avait notamment été consacrée au devoir de mémoire, à la dignité et à la justice.

Quelques jours plus tard, le chef de l’État avait également reçu un collectif d’élus français originaires de la RDC, qui s’était engagé à contribuer à la vulgarisation de la question du GENOCOST en France. « Nous avons pris le bâton de pèlerin pour parler du GENOCOST », avait déclaré la présidente du collectif, Claire Tawab.

Le GENOFESTIVAL entend ainsi prolonger cette mobilisation par la culture. L’édition 2026 avait été annoncée comme une semaine réunissant artistes, jeunes, universitaires, organisations citoyennes et acteurs internationaux autour de forums, débats, expositions, spectacles et actions de mobilisation.

Au-delà des discours et des prestations, le défi reste désormais celui de la continuité : documenter les crimes, préserver la mémoire des victimes, soutenir les survivants et faire progresser les questions de justice et de réparation. Pour les organisateurs, la jeunesse doit être au cœur de cette dynamique. Le GENOFESTIVAL veut en faire un rendez-vous régulier, mais surtout un espace où la mémoire congolaise se transforme progressivement en engagement citoyen.

 

Willy Ulengu Samuanda

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