
La ville de Boma, dans la province du Kongo central, a été le théâtre d’une célébration poignante ce mardi 2 juillet, marquant le 318ème anniversaire de l’assassinat de Kimpa Vita. Des milliers d’adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK) se sont rassemblés dans la salle Mont Sinaï pour honorer la mémoire de cette prophétesse noire et héroïne africaine.
Kimpa Vita, également connue sous le nom de Dona Beatriz, fut brûlée vive par les colons blancs le 2 juillet 1706 à Mbanza Kongo, actuel San Salvador en Angola, en raison de sa résistance farouche contre la colonisation et son engagement à préserver les valeurs culturelles africaines. Née en 1684, Kimpa Vita a milité pour l’unité et la réunification du Kongo dia Ntolila, un royaume ravagé par près de quarante ans de guerre. Elle s’est également opposée à la colonisation portugaise et à la traite esclavagiste.


Au-delà de son rôle de prophétesse, Kimpa Vita est reconnue comme une figure emblématique du nationalisme et de l’anti-colonialisme. Malgré la défaite de ses disciples, dont Pedro Constantinho da Silva battu par Pierre IV en 1709, le mouvement antonianiste qu’elle a fondé a survécu à sa mort. Ce mouvement, qui mêle catholicisme et traditions religieuses du Kongo, a été vigoureusement combattu par les missionnaires catholiques aux XVIIIe et XIXe siècles.
L’héritage de Kimpa Vita a également bénéficié à Mvemba Agua Rosasa, roi du Kongo dia Ntolila, qui a réussi à réunifier le royaume grâce à l’inspiration de ses actions.
Ce 318ème anniversaire a été commémoré non seulement par les adeptes de Bundu Dia Kongo mais aussi par d’autres confessions religieuses et culturelles, communément appelées « les églises des noirs » ou « les églises de nzila kongo », à travers la ville de Boma.

Pour rappel, Kimpa Vita a été capturée par les Capucins et condamnée au bûcher sur ordre du roi Dom Pedro IV. Elle est morte brûlée vive le 2 juillet 1706, mais son esprit de résistance continue d’inspirer les générations actuelles, faisant d’elle une véritable icône de la lutte contre la colonisation et pour l’émancipation africaine.
Basile MUYA