
Réunis en plénière ce mercredi 7 mai, les députés ont déclaré recevable une proposition de loi ambitieuse fixant les principes fondamentaux relatifs à la sécurité alimentaire — un texte attendu de longue date dans un pays où plus de 26 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire.
Portée par les députés Thaddée Katembo et Alexandre Kambale Muhasa, cette proposition de loi vient combler un vide juridique criant. Depuis l’indépendance, la RDC ne disposait d’aucun cadre légal global structurant sa politique de sécurité alimentaire, alors même que le droit à une alimentation adéquate est inscrit dans les instruments internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme.



Composé de 11 titres, subdivisés en plusieurs chapitres et 51 articles, le texte ambitionne de fixer les objectifs nationaux en matière de sécurité alimentaire, de définir les responsabilités institutionnelles — de la présidence aux collectivités locales — et de garantir un financement pérenne de ce secteur stratégique. Il attire également l’attention sur le déséquilibre entre les priorités nationales, dénonçant la prédominance du secteur minier au détriment de l’agriculture, une situation jugée responsable de la malnutrition chronique dans plusieurs provinces.
Mais au-delà de cette avancée législative, la séance plénière a été traversée par des tensions palpables. Durant près de trois heures, les députés ont multiplié les questions orales, portant sur des sujets aussi variés que les érosions, les tensions communautaires ou encore la situation de quelque 15 000 réfugiés sud-soudanais au nord du pays.



Cette avalanche de motions d’information traduit, selon plusieurs élus, un profond agacement face au silence de certains membres du gouvernement, accusés de fuir leurs responsabilités. Une critique à laquelle a réagi le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, en reconnaissant la légitimité de ces interpellations. Il a d’ailleurs annoncé l’ouverture, dès ce jeudi 8 mai, d’une série de plénières consacrées au contrôle parlementaire.
Autre sujet brûlant : celui des immunités des députés. Kamerhe a tenu à clarifier une récente correspondance adressée à la Cour constitutionnelle, assurant qu’il ne s’agissait nullement d’un bras de fer institutionnel, mais d’un appel au respect des textes fondamentaux de la République.
LUKEKA KALUME