
Deux semaines après avoir affiché leur volonté de travailler à une trêve, le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 se retrouvent à Doha. Une étape diplomatique encore fragile, sur fond de méfiance persistante et de tensions régionales.
Les discussions ont repris à Doha, ce dimanche 4 mai, entre les autorités congolaises et les représentants de la rébellion de l’AFC/M23. Ce nouveau round intervient dans la foulée de la déclaration conjointe signée mi-avril, dans laquelle les deux parties affirmaient leur volonté de cheminer vers un cessez-le-feu effectif.
Si les délégations sont bien présentes dans la capitale qatarie – à l’invitation de l’émirat qui joue les médiateurs – les pourparlers demeurent préliminaires. Selon une source proche du processus, les échanges de dimanche ont permis de réaffirmer les intentions, mais sans percée notable.
Côté rebelle, la participation à ce cycle est conditionnée à des « gestes concrets » de la part de Kinshasa. Parmi les exigences de l’AFC/M23 : le retrait de ses troupes de Walikale, déjà amorcé ; la publication d’une déclaration conjointe avec le gouvernement ; le départ logistique et opérationnel des troupes de la SADC stationnées à Goma ; et le transfert à Kinshasa des militaires et policiers jusque-là sous protection de la MONUSCO. Ce dernier point est en cours de mise en œuvre, et devrait se poursuivre jusqu’à juin.
La délégation du mouvement rebelle a, elle, été remaniée. Elle est désormais conduite par Benjamin Bonimpa, secrétaire exécutif du groupe armé, et figure bien connue des négociations de Kampala, dix ans plus tôt, entre Kinshasa et le M23.
En filigrane, le processus de Doha s’inscrit dans un échiquier diplomatique plus large. En parallèle des pourparlers avec l’AFC/M23, la République démocratique du Congo poursuit un dialogue bilatéral avec le Rwanda, parrainé par les États-Unis.
Mais là aussi, les avancées tardent. Le projet d’accord de paix attendu à Washington – après la signature d’une déclaration de principes le 25 avril dernier – n’a toujours pas été harmonisé. Kigali et Kinshasa avaient jusqu’au 2 mai pour remettre une version consolidée au Département d’État américain. Ce qui n’a pas encore été fait, selon nos informations.
Une fois ce projet stabilisé, il devra être entériné au plus haut niveau par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame. D’ici là, la pression reste forte, dans un contexte où les affrontements à l’Est de la RDC n’ont pas cessé.