
Dans un ton triomphant qu’on lui connaît, Donald Trump a salué, mardi 6 mai, des avancées réalisées par les États-Unis dans le règlement de la crise sécuritaire opposant la la RDC et le Rwanda. Lors d’un échange avec la presse américaine, le Président américain a laissé entendre qu’un accord de paix pourrait être signé « très bientôt ».
« Je m’occupe du Rwanda et du Congo, qui sont en conflit, et nous essayons de régler ce problème. Et je pense que nous y sommes parvenus. […] Ils semblent sur le point de conclure un accord de paix, ce qui serait une bonne chose », a-t-il déclaré, ajoutant au passage :
« Nous avons fait un excellent travail. Personne n’en parle. »
À Washington, les lignes semblent effectivement bouger. Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique, a confirmé la réception des avant-projets de paix soumis par Kinshasa et Kigali, conformément aux engagements pris lors d’une réunion tenue le 26 avril dans la capitale américaine.
« Il s’agit d’une étape importante vers le respect des engagements pris dans la Déclaration de principes », a-t-il déclaré sur le réseau X (ex-Twitter), saluant la volonté politique des deux parties.
Le texte en cours de négociation intègre plusieurs volets sensibles : respect mutuel de la souveraineté, coordination sécuritaire, coopération économique, retour des déplacés et renforcement du mandat de la MONUSCO. En cas de désaccord persistant, une clause prévoit une réunion de rattrapage à Washington, sous l’égide du secrétaire d’État américain.
Le dialogue entre la RDC et le Rwanda, parrainé par Washington, s’inscrit dans un échafaudage diplomatique complexe, où se croisent les initiatives de Nairobi, de Luanda et de Doha. À la manœuvre : la Communauté d’Afrique de l’Est (CEA), la SADC, l’Union africaine, et désormais les États-Unis en coulisse.
La dynamique intervient alors que les tensions restent explosives dans l’Est de la RDC, où l’armée congolaise et les groupes armés – dont l’AFC/M23 soutenu, selon Kinshasa, par Kigali – continuent de s’affronter dans des zones civiles densément peuplées.
LUKEKA KALUME