
La Fédération congolaise de football association (FECOFA) a annoncé que la qualification des Léopards pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 lui vaudra une prime supplémentaire, portant à 23,5 millions de dollars l’ensemble des montants perçus à ce jour pour la compétition.
« C’est une manne qui peut transformer notre football si elle est gérée avec rigueur », résume un responsable ministériel contacté, posant l’enjeu central : transparence et impact durable.
Concrètement, la répartition communiquée regroupe trois volets : 11 M$ pour la qualification aux seizièmes, 10 M$ reçus initialement pour la participation à la Coupe du monde et 2,5 M$ alloués à la préparation de l’équipe.
« Ces fonds couvrent compétition, préparation et investissement structurel », précise une note de la FECOFA relayée par le ministère des Sports, mais la nature exacte des décaissements reste à préciser.
L’arrivée de ces ressources offre une fenêtre d’opportunités pour le développement du football national : infrastructures d’entraînement, formation des jeunes et des encadreurs, professionnalisation des clubs et gouvernance fédérale.
« Investir dans les centres de formation, c’est planter les graines du futur », affirme un ancien sélectionneur national, insistant sur la nécessité d’un plan pluriannuel.
Les risques sont toutefois réels : opacité, détournements et dépenses de court terme qui dilapident l’effet d’une rente exceptionnelle. Des observateurs demandent la publication d’un plan d’utilisation chiffré, d’un calendrier de décaissement et la mise en place d’un audit indépendant.
« Sans contrôle externe, l’argent reste une promesse non tenue », avertit un expert en gestion sportive.
En rappel, d’autres fédérations africaines ont connu des effets contrastés après des primes similaires : certaines ont renforcé leurs académies et infrastructures, d’autres ont vu des sommes mal gérées sans trace d’héritage.
« Les exemples montrent que la gouvernance fait souvent la différence entre opportunité et mirage », note une étude comparée sur les retombées financières des grandes compétitions.
Pour transformer 23,5 M$ en levier durable, trois priorités s’imposent publier une stratégie d’investissement publique et participative, consacrer une part aux infrastructures et centres de formation nationaux, et créer un mécanisme de contrôle (audit externe annuel et comité de suivi avec la société civile).
« Si la FECOFA accepte la transparence et associe les acteurs locaux, ces fonds peuvent changer la donne », conclut un acteur du football jeunesse.
Willy Ulengu Samuanda