Finances publiques en RDC | Les chiffres alarmistes sur les dépenses d’urgence sont faux ( intox ) 

La République démocratique du Congo fait face à une offensive numérique coordonnée visant à discréditer la gestion de ses finances publiques. Depuis quelques jours, des données présentées comme émanant d’un rapport de la Cour des comptes saturent les réseaux sociaux, affirmant que plus de 51 % des dépenses de l’État seraient exécutées en « procédure d’urgence ».

Une vérification rigoureuse auprès des ministères du Budget et des Finances, ainsi qu’une consultation des indicateurs certifiés par le Fonds monétaire international (FMI), démontrent qu’il s’agit d’une manipulation grossière des chiffres.

Comme le souligne un expert du Trésor, « la vérité des chiffres ne craint pas le bruit des réseaux sociaux, elle exige simplement de la méthode ».

Le prétendu rapport, qui n’a d’ailleurs jamais été soumis à la contradiction du Gouvernement comme l’exige la procédure légale de contrôle, semble confondre délibérément les opérations budgétaires et les opérations de trésorerie. En réalité, les statistiques officielles publiées trimestriellement sur le portail du ministère des Finances (www.finances.gouv.cd) affichent une trajectoire inverse : les dépenses en urgence sont passées de 16,86 % en 2023 à 10,78 % pour l’exercice en cours.

« On ne peut pas opposer un document fantôme à des données publiques auditées par des partenaires multilatéraux », martèle une source proche du dossier au sein de l’exécutif.

Cette confusion entre le budget et la trésorerie révèle soit une incompétence technique majeure, soit une volonté de nuire à la dynamique d’assainissement imprimée par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Les dépenses dites « d’urgence » sont aujourd’hui strictement encadrées par l’arrêté interministériel du 20 décembre 2024, lequel définit des critères d’éligibilité très serrés, principalement orientés vers l’effort de guerre dans l’Est du pays. Un analyste financier rappelle fort opportunément que « l’urgence n’est pas l’arbitraire, c’est une réponse légale à des impératifs de souveraineté ».

Quant aux critiques sur le recours aux bons du Trésor, elles ignorent les standards modernes de gestion de la dette. Loin d’être un aveu de faiblesse, ces instruments financiers témoignent de la crédibilité de la signature de la RDC sur les marchés. Le Gouvernement Sumwinwa, en place depuis juin 2024, a fait de la stabilité macroéconomique son cheval de bataille. En rappelant les passes d’armes passées, notamment les critiques acerbes du professeur Godé Mpoyi sur la qualité des audits de certaines institutions de contrôle, il apparaît urgent que les organes techniques se mettent au diapason des réformes actuelles pour éviter de devenir des instruments de « politique politicienne ».

L’avenir de la gouvernance financière congolaise passera par une transparence accrue et une formation continue des agents de contrôle. Alors que le pays poursuit son programme avec le FMI, la bataille contre la mésinformation devient aussi cruciale que la mobilisation des recettes. Pour les citoyens en quête de vérité, les plateformes officielles restent le seul rempart contre l’intox.

« La transparence n’est pas un slogan, c’est une pratique quotidienne qui ne souffre aucune approximation », conclut un haut fonctionnaire du Budget.

Willy Ulengu Samuanda

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