
Dans un contexte de pressions croissantes sur les écosystèmes du Grand Katanga, un atelier multi-acteurs a été organisé pour aborder la gouvernance des ressources forestières et la conservation. Cet événement, qui s’est tenu au Centre ARRUPE, a rassemblé des acteurs clés, incluant autorités provinciales, services techniques, société civile, entreprises minières et énergétiques, médias et partenaires.
Initiée par la CORAP en collaboration avec le Parc national de l’Upemba et l’ONG DEDUR, cette rencontre a mis en lumière les défis majeurs liés à l’expansion minière, au déficit énergétique et à la dégradation rapide des forêts de miombo. Les discussions ont révélé une intensification de l’exploitation minière, alimentée par la demande mondiale en minerais stratégiques, dans une province où le taux d’accès à l’électricité n’atteint que 28 %. Cette réalité pousse de nombreux habitants à recourir au bois-énergie, exacerbant ainsi la déforestation et la production de charbon de bois.
Les paysages du Parc national de Kundelungu et de l’Upemba subissent déjà de fortes pressions dues aux concessions minières, à la conversion des terres et à des activités humaines non régulées, engendrant des risques écologiques significatifs, notamment pour les sources du fleuve Congo.
Les participants ont convenu que, malgré la présence de cadres juridiques avancés en matière d’environnement, de mines et de conservation en République Démocratique du Congo, leur mise en œuvre est encore insuffisante. Parmi les obstacles identifiés figurent des faiblesses institutionnelles, un manque de coordination intersectorielle et l’absence d’un plan d’aménagement du territoire opérationnel. La nécessité d’une collaboration renforcée avec l’ICCN a été soulignée pour mieux définir les limites des aires protégées et éviter les conflits avec les titres miniers.
Et donc, l’atelier a affirmé que la conservation de la biodiversité peut être harmonisée avec le développement, à condition d’encadrer rigoureusement l’exploitation des ressources naturelles, de favoriser une transition énergétique juste, notamment par la promotion de la cuisson propre, et d’impliquer activement les communautés locales dans la gouvernance forestière.
Un forum multi-acteurs de suivi sera instauré, sous la coordination du ministère provincial de l’Environnement, des Mines et de l’Énergie, pour garantir l’application des recommandations formulées à tous les niveaux.
Dan Banze Lwaba