Inondations à Kinshasa | Plusieurs morts et de nombreux sinistrés

La rivière N’djili à Tshangu est sortie samedi soir de son lit. Pas par surprise : cela fait des décennies qu’on l’y pousse. Quartiers inondés, rues disparues, infrastructures noyées… La capitale congolaise vit une nouvelle tragédie, une de plus, sur fond de crise climatique, d’urbanisation anarchique et d’État démissionnaire.

À Debonhomme, à Ndjili, à Masina, l’eau a tout pris. Et rien n’a été prévu. Le boulevard Lumumba, poumon routier de l’est de la ville, est sous eau. L’aéroport de Ndjili ? Inaccessible.

« Notre vol de samedi soir a été annulé », témoigne un passager de Brussels Airlines sur TOP CONGO FM.

Même la circulation de l’information reste bloquée. Le bilan humain ? « Beaucoup de morts », souffle une source officielle. Sans chiffre. Les causes ? Principalement des noyades. Le reste attendra la réunion du comité de crise.

Ce comité, mis en place en urgence par la Première ministre — en mission à Abu Dhabi, loin des eaux troubles de Kinshasa — tente d’organiser la riposte. Mais sur le terrain, la cellule de crise ne parvient même pas à accéder aux zones sinistrées. « Il est difficile d’intervenir tant qu’il n’y aura pas de décrue », avouent les autorités. Traduction : débrouillez-vous.

Près de 14 communes privées d’eau et d’électricité. Des milliers de sinistrés, entassés, abandonnés. Des plans locaux d’aménagement des zones inondables avaient pourtant été annoncés à Kisenso et Ndjili. Trop tard. Ou jamais appliqués.

« Il y a eu un laisser-aller, les catastrophes étaient inéluctables », confie un technicien municipal.

En filigrane, un vieux serpent de mer congolais : la crise institutionnelle entre la ville de Kinshasa et le gouvernement central. Qui est responsable de quoi ? Qui doit gérer quoi ? Résultat : des constructions sur des emprises publiques, dans des zones érosives, sans contrôle, sans planification. Et une ville qui s’effondre, pluie après pluie, année après année.

La protection civile, censée agir ? Dépendante du ministère de l’Intérieur, elle manque cruellement d’équipements, de moyens, de formation. L’armée, la force navale, la SNEL, la REGIDESO, tous mobilisés dans l’urgence. Mais le cœur n’y est plus : la réponse étatique est à l’image du paysage urbain post-inondation — fragmentée, dépassée, submergée.

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