
C’est un sujet dont on parle encore à voix basse, comme si le corps des femmes devait s’excuser de sa biologie. Pourtant, dimanche dernier, à Mont-Ngafula, dans l’ouest de Kinshasa, des femmes ont brisé ce silence au cours d’une journée de sensibilisation centrée sur la santé menstruelle. Objectif : prévenir les effets parfois dévastateurs d’une négligence persistante.
La parole a été donnée, et le message est clair : les règles ne sont pas une affaire honteuse, ni une simple fatalité à supporter en silence. Pour le Dr Micheline Kweme, médecin traitant à Kinshasa, il est urgent de prendre cette question à bras-le-corps.
« Il est important de prendre en compte la santé menstruelle étant femme pour éviter les conséquences néfastes sur notre santé », plaide-t-elle face à une assemblée attentive.
Dysménorrhées, ménorragies, syndrome prémenstruel, endométriose… Des mots techniques pour dire une souffrance bien réelle. Douleurs en torsion, crampes lancinantes, fatigue chronique, dépression passagère ou anémie persistante : autant de symptômes que trop de femmes taisent, faute de reconnaissance ou de moyens.
« Ces problèmes évoluent d’une femme à l’autre », insiste Dr Kweme, appelant à individualiser l’approche médicale.

Alors que l’endométriose demeure largement ignorée, voire stigmatisée, elle rappelle que seul un diagnostic complet — incluant bilans hormonaux, échographies et analyses — permet de sortir du flou et de proposer un traitement adapté. Médicaments pour certaines, chirurgie pour d’autres. Mais surtout, écoute et respect.
Car si les solutions existent, encore faut-il que les femmes y aient accès. Et cela commence, selon la médecin, par l’hygiène de vie :
« Réduire le sucre, le sel, l’alcool. Bouger. Manger sainement. »
Un discours simple, presque banal, mais qui trouve un écho dans une ville où la précarité rend chaque cycle un défi.
LUKEKA KALUME