
Le Président de la République Félix Tshisekedi était en visite éclair à Luanda ce mardi 11 mars, où il a échangé avec son homologue angolais João Lourenço sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. En toile de fond, la persistance des combats entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, et la nécessité de relancer un processus de paix aujourd’hui à l’arrêt.
À l’issue de cette rencontre, la présidence angolaise a annoncé son intention de faciliter des négociations directes entre Kinshasa et le M23.
« La partie angolaise, en tant que médiatrice dans le conflit qui affecte l’Est de la République Démocratique du Congo, va engager des contacts avec le M23, afin que des délégations de la RDC et du M23 entament des négociations directes qui se tiendront à Luanda dans les prochains jours, dans le but de parvenir à une paix définitive dans ce pays frère », a indiqué un communiqué officiel du Palais présidentiel de Luanda, consulté par votre média.
Cette annonce intervient alors que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) prépare un sommet extraordinaire le 13 mars, consacré à la situation sécuritaire dans l’Est congolais. La RDC, qui bénéficie du soutien militaire de la SADC à travers la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), mise sur cette intervention régionale pour contrer la progression du M23.
Or, la perspective de négociations directes avec la rébellion divise au sein du pouvoir congolais. Si certains y voient une solution pragmatique pour mettre fin aux violences, d’autres estiment que cela reviendrait à légitimer un mouvement armé soutenu par une puissance étrangère. Le gouvernement congolais a toujours maintenu que tout dialogue devait passer par un désarmement préalable du M23, une condition que la rébellion a systématiquement rejetée.
Depuis plus d’un an, Félix Tshisekedi tente d’équilibrer pression militaire et diplomatie régionale. Le processus de paix de Luanda, initié sous l’égide de l’Union africaine, a jusqu’ici peiné à produire des résultats concrets, le M23 continuant d’avancer sur le terrain. Désormais, les processus de Luanda et de Nairobi seront fusionnés, avec l’implication de figures comme Olusegun Obasanjo, Uhuru Kenyatta et Hailemariam Desalegn.
LUKEKA KALUME