Cobalt | Félix Tshisekedi verrouille l’exportation pour garder la main sur les richesses du pays

Face aux tensions sur le marché des minerais stratégiques, Kinshasa resserre l’étau. Lors du 36ᵉ Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi, en séjour à Windhoek en Namibie pour la prestation de serment présidentielle, a laissé un message clair au gouvernement : veiller à l’application stricte de la suspension des exportations de cobalt.

Une décision qui s’inscrit dans la volonté de la RDC de ne plus être un simple fournisseur de matières premières, mais un acteur clé du raffinage et de la transformation.

La consigne est claire : l’Autorité de régulation et de contrôle du marché des substances minérales stratégiques (Arecoms) et le ministère des Mines doivent assurer le respect total de cette mesure.

« L’objectif ultime demeure la maîtrise globale de la chaîne de commerce afin que la RDC cesse d’être un simple fournisseur de matière première », a martelé Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.

La suspension, en vigueur depuis février pour une durée de quatre mois, vise à « assainir » le secteur et à adapter les modalités de production et d’exportation du cobalt, métal essentiel à la transition énergétique mondiale. Une évaluation sera menée à l’issue de cette période pour décider d’une prorogation ou d’un ajustement de la stratégie.

La RDC, qui détient plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt, entend reprendre le contrôle de son marché, après des années d’exportations massives, souvent dans des conditions opaques. Cette mesure, déjà évoquée lors du 35ᵉ Conseil des ministres du 14 mars, s’inscrit dans une logique de souveraineté économique et industrielle.

LUKEKA KALUME 

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