Kananga | Chantiers en demi-teinte, le député Sosthène Kambidi veut voir clair

Kananga, chef-lieu du Kasaï Central. Une ville en chantier, mais à quel rythme ? Lundi 12 mai devant l’organe délibérant provincial, l’entreprise Safrimex a fait ses comptes. Et le tableau, s’il se veut rassurant, laisse entrevoir une réalité plus nuancée : des bâtiments administratifs à moitié achevés, des résidences officielles en suspens, et des routes encore au stade de promesses.

À la tribune, Paulin Mukendi, directeur technique de Safrimex, déroule les chiffres comme on récite un bulletin de santé : 58,2 % pour la réhabilitation du siège administratif, 37 % pour la résidence du gouverneur, 33 % pour les voiries urbaines du premier lot, 30,2 % pour le second. Un peu mieux du côté de la morgue de l’hôpital général (78 %) et des murs extérieurs (84 %). La mairie ? Quasiment bouclée à 92,25 %. Et le siège de l’Assemblée provinciale frôle les 93 %.

Des pourcentages, donc, mais aussi des interrogations. Car les chiffres ne disent pas tout. Le député Sosthène Kambidi, élu de Kazumba, a jeté un pavé dans la mare : il exige un contrôle parlementaire sur le terrain. Objectif ? Vérifier la conformité réelle des travaux engagés par Safrimex et les autres entreprises adjudicataires. Surtout celles ayant déjà perçu des acomptes sur fonds publics.

En filigrane, une inquiétude sourde plane : l’opacité dans l’exécution des contrats publics. Et cette crainte tenace que les chantiers annoncés à grands renforts de discours finissent, comme souvent, en coquilles vides ou en éternels “en cours de réalisation”.

À Kananga, la reconstruction attend toujours son vrai visage. Et la population, elle, scrute les grues, les pelleteuses… et les promesses.

 

LUKEKA KALUME

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