
Patrice Aimé Sessanga, acteur politique et témoin des grandes périodes de l’histoire du Congo, a partagé son analyse sur les deux héros nationaux, Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila. Pour lui, leur combat devrait inspirer les Congolais à tirer de grandes leçons et à inclure leur lutte dans l’éducation civique.
Patrice Aimé Sessanga a vécu les derniers moments de la colonisation belge, une expérience qu’il qualifie de précieuse pour comparer le Congo avant et après l’indépendance. Ayant grandi sous le régime de Lumumba et débuté sa carrière politique sous Mobutu, il a traversé toutes les époques politiques jusqu’au mandat de Félix Tshisekedi.

M. Sessanga se souvient de l’impact du nom de Lumumba à l’époque :
« Le nom Lumumba galvanisait tout le pays. Même adolescent, on sentait sa puissance politique. Je n’ai pas eu la chance de le rencontrer, mais je l’ai connu à travers ses écrits et ses discours. »
Il souligne l’importance de l’idéal de Lumumba, qu’il qualifie de « cause noble pour l’intérêt des Congolais », malgré une fin tragique due à la trahison de ses pairs.
Cependant, il critique le discours du 30 juin 1960, jour de l’indépendance, qu’il juge inapproprié pour l’occasion :
« Ce discours devait être réservé aux Congolais, pas devant le roi Baudouin. Ce jour-là, il fallait un message réconciliant, comme Mandela en Afrique du Sud. »
Pour Sessanga, Laurent-Désiré Kabila était un héritier idéologique de Lumumba :
« Kabila était un lumumbiste convaincu, formé dans les cercles révolutionnaires comme le Comité national de libération. Il a poursuivi la lutte armée pour une cause noble. »
Il note que Kabila, comme Lumumba, a connu une fin tragique.
Sessanga critique également certaines maladresses de Kabila :
« Dire qu’il a coupé le téléphone à une secrétaire d’État américaine a offensé les États-Unis. Ce sont des détails, mais cela montre parfois un manque de stratégie diplomatique. »

Patrice Aimé Sessanga appelle à intégrer les valeurs de Lumumba et Kabila dans l’éducation civique :
« Le comportement des Congolais doit s’inspirer de leur combat. Leur lutte pour la liberté et l’intérêt du peuple doit guider les jeunes. »
Il plaide pour une refondation du Congo basée sur un changement de mentalité et une éducation civique ancrée dans les valeurs humaines :
« Le futur du Congo dépend de la façon dont nous préparons nos jeunes. »
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