
Kigali et Luxembourg, un tandem discret, mais diabolique. Derrière les interférences qui paralysent la navigation aérienne dans l’Est de la RDC, une technologie de pointe, fournie par le Grand-Duché. Un jeu d’ombres diplomatiques et économiques qui place Xavier Bettel, ex-Premier ministre luxembourgeois et actuel chef de la diplomatie, au cœur d’un véritable scandale géopolitique.
Juillet 2024. La Régie des Voies Aériennes (RVA) alerte : le Rwanda utilise des techniques de brouillage et de spoofing (usurpation d’identité) dans l’espace aérien congolais. Goma, Beni, Butembo, Kibumba, Kanyabayonga, autant de zones stratégiques où les avions civils et humanitaires voient leurs communications perturbées. Conséquence immédiate : des vols annulés, du retard dans les opérations humanitaires et une insécurité croissante.
La Monusco et l’ONU confirment. Le 30 juillet, le Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS) annule plusieurs vols en raison d’une défaillance GPS attribuée à ces brouillages. Une technologie que Kigali ne pouvait pas acquérir seul.
Derrière cette cyber-guerre aérienne, un allié inattendu : le Luxembourg. En juin 2022, Xavier Bettel, alors Premier ministre, signe à Kigali une série d’accords économiques et politiques avec Paul Kagame. Parmi eux, des contrats liés aux TIC et aux infrastructures, signés par une quinzaine de firmes luxembourgeoises. Certaines de ces entreprises auraient fourni les équipements permettant les brouillages aériens en RDC.
Et ce n’est pas tout. En février 2025, alors que l’Union européenne prépare des sanctions contre le Rwanda, Xavier Bettel oppose son veto. Une décision jugée “inacceptable” par l’opposition luxembourgeoise. Déi Lénk et les Pirates dénoncent des intérêts économiques cachés : la province du Nord-Kivu, théâtre des opérations, est une mine d’or pour les terres rares, essentielles à l’industrie du high-tech.
Au-delà du brouillage aérien, cette affaire illustre une bataille diplomatique et économique. Tandis que la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) peinent à stabiliser la région, le Rwanda et le Luxembourg tissent une toile d’intérêts communs, loin des projecteurs.