RDC-France | Le Ministre des Finances scelle un accord stratégique de 500 millions USD pour le numérique, la relance de Boma et le développement

Kinshasa et Paris resserrent les rangs. Ce vendredi 14 mars 2025, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a signé deux conventions de prêt avec l’Agence française de développement (AFD), sous l’œil attentif de l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux. Un nouvel accord qui, au-delà des chiffres, traduit une dynamique plus large : celle d’un pays en quête de transformation numérique et de redressement économique, sur fond de tensions régionales.

C’est un paradoxe congolais. Avec ses ressources naturelles colossales et une population jeune et connectée, la RDC peine toujours à assurer un accès stable et équitable à Internet. Couverture réseau insuffisante, infrastructures obsolètes, coûts prohibitifs… Les défis s’accumulent.

La signature du jour engage l’AFD et la Banque mondiale à hauteur de 500 millions de dollars pour pallier ces lacunes. Objectif affiché : permettre à 30 millions de Congolais de bénéficier d’un accès amélioré au numérique. Un pari audacieux pour un pays qui aspire à la souveraineté numérique, tout en restant dépendant d’acteurs étrangers pour financer ses ambitions.

Mais le numérique n’est pas le seul terrain d’action du partenariat RDC-France. À l’ouest du pays, Boma, ancien poumon économique, peine à se relever. Jadis dynamique grâce à son port, la ville a vu son activité décliner au fil des ans, victime d’un cocktail toxique mêlant érosion des sols, infrastructures vieillissantes et départ des industries.

Kinshasa et Paris misent sur une réhabilitation en trois axes : adaptation climatique, amélioration des infrastructures sociales et gouvernance urbaine participative. Une initiative qui, selon les prévisions du gouvernement, pourrait générer des revenus pour 5 000 femmes et redonner à Boma une place sur la carte économique du pays.

Derrière ces investissements, un message politique. Car cet accord ne tombe pas dans un contexte anodin. La RDC fait face à l’hostilité persistante du Rwanda, qui soutient les groupes armés déstabilisant le pays dans la partie-Est. À l’heure où Kinshasa cherche à renforcer ses alliances, le soutien français s’inscrit aussi dans une logique diplomatique : celle d’un engagement aux côtés d’un État qui revendique sa souveraineté et sa stabilité.

 

LUKEKA KALUME

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