
Une réforme qui veut répondre aux défis d’aujourd’hui
La République démocratique du Congo poursuit la modernisation de sa gouvernance forestière. Depuis le 21 juillet 2026, la ville de Kindu, dans la province du Maniema, accueille les consultations provinciales consacrées à la révision de la Loi n° 011/2002 portant Code forestier. Pendant trois jours, les représentants des institutions publiques, des organisations de la société civile, des communautés locales, des peuples autochtones et des partenaires techniques examinent le projet de réforme afin d’enrichir le futur texte avant sa finalisation.
« Une bonne loi naît d’un dialogue ouvert avec ceux qu’elle concerne », résument les organisateurs.
Une participation élargie des acteurs du secteur
Parmi les participants figure le Groupe de Travail Climat REDD Rénové du Maniema (GTCRR Maniema), engagé dans la défense d’une gouvernance forestière plus transparente, inclusive et durable. L’organisation entend faire entendre les préoccupations des communautés vivant au cœur des massifs forestiers, premières concernées par les décisions relatives à la gestion des ressources naturelles.

« Les populations locales doivent être des acteurs de la conservation, et non de simples bénéficiaires », soutiennent les représentants de l’organisation.
Adapter une loi vieille de plus de vingt ans
Adopté en 2002, le Code forestier constitue le socle juridique de la gestion des forêts en République démocratique du Congo. Plus de deux décennies après son entrée en vigueur, de nombreux spécialistes estiment que ce texte doit évoluer pour intégrer les nouveaux enjeux liés au changement climatique, à la préservation de la biodiversité, aux droits des communautés locales et des peuples autochtones ainsi qu’à la lutte contre la déforestation.
« Une législation efficace doit évoluer au rythme des défis qu’elle encadre », rappellent plusieurs experts.
Les consultations de Kindu portent notamment sur le renforcement de la gouvernance forestière, la sécurisation des droits fonciers des communautés, l’amélioration de la gestion des concessions forestières, la restauration des paysages dégradés et l’intégration des mécanismes climatiques, notamment ceux liés à la REDD+. Les contributions recueillies serviront à consolider le projet de loi avant son adoption par les instances compétentes.
Un enjeu stratégique pour le bassin du Congo
Cette réforme intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo intensifie ses efforts pour préserver le deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète. Ces forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, la conservation de la biodiversité et les moyens de subsistance de millions de Congolais. Les autorités considèrent qu’une gouvernance plus performante constitue un levier indispensable pour concilier développement économique, protection de l’environnement et amélioration des conditions de vie des populations.
« Protéger les forêts, c’est aussi protéger l’avenir des générations futures. »
Les consultations de Kindu s’inscrivent dans une série de rencontres organisées dans plusieurs provinces afin de garantir une participation nationale à cette réforme. Les recommandations issues de ces échanges devraient contribuer à l’élaboration d’un Code forestier modernisé, capable de répondre aux engagements internationaux de la RDC tout en renforçant la gestion durable de ses ressources forestières. Pour les acteurs du secteur, cette révision représente une occasion de bâtir un cadre juridique plus équilibré, où conservation, développement et droits des communautés avancent désormais dans la même direction.
Willy Ulengu Samuanda