Kinshasa | Le colloque international sur la reconnaissance des génocides en RDC s’ouvre sur fond de création d’espaces de réflexion sur les crimes commis

Le colloque international sur la reconnaissance des génocides en République démocratique du Congo s’est ouvert mardi 29 juillet à Kinshasa, avec pour ambition de poser les jalons d’un cadre de réflexion historique, juridique et politique sur les crimes de masse perpétrés dans le pays.

Organisée par la Cellule d’Intervention contre les Atteintes aux Valeurs Républicaines (CIA-VAR) et le Fonds National de Réparation pour les Victimes (FONAREV), cette rencontre de trois jours réunit chercheurs, universitaires, juristes, institutions et représentants de la société civile.

L’objectif affiché : interroger la notion de génocide appliquée au contexte congolais, et identifier les voies d’une reconnaissance nationale et internationale des violences extrêmes qui ont marqué l’histoire du pays – notamment à l’Est, mais aussi dans une perspective plus large incluant la période coloniale.

Dès l’ouverture, les allocutions de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo Safi, et du président de la Commission nationale des droits de l’homme, Paul Nsapu Mukulu, ont souligné l’importance de cette initiative, dans un pays où la mémoire des conflits reste souvent éclipsée par l’urgence sécuritaire.

Trois leçons inaugurales ont marqué cette première journée. L’historien André Miroir a abordé l’héritage de la violence coloniale au Congo. Le père Isidor Ndaywel a rappelé les séquences tragiques vécues par le peuple congolais, tandis que le père Ivon Mingashang a questionné les silences autour des actes à caractère génocidaire.

Les panels successifs ont ensuite exploré plusieurs dimensions de cette problématique :

– Les difficultés de qualification juridique des crimes commis, dans un contexte où la définition du génocide reste sujette à débat ;

– L’approche historique des violences prolongées, incluant les logiques économiques de spoliation ;

– Les blocages institutionnels et politiques à une reconnaissance internationale ;

– Le rôle de l’éducation, des nouvelles technologies et des sciences sociales dans la prévention des violences extrêmes.

À travers ces échanges, les participants espèrent contribuer à une dynamique plus large : celle d’un processus de reconnaissance, de réparation, mais aussi de prévention, à un moment où les enjeux mémoriels redeviennent centraux dans le débat congolais.

Le colloque s’achèvera le 31 juillet, à l’issue de plusieurs ateliers de synthèse, avec en perspective la formulation de recommandations en faveur d’un dispositif congolais de reconnaissance et de mémoire des crimes de masse.

BASILE MUYA 

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