
Lors d’un échange organisé par le Collectif des mouvements citoyens, Jonson Nishara Butaragaza, coordonnateur national de la Dynamique Génération Consciente, a exhorté la jeunesse congolaise à assumer pleinement son rôle dans la gouvernance du pays et dans l’assainissement de Kinshasa. Un message centré sur la responsabilité citoyenne, le civisme et l’engagement communautaire.
Face aux défis persistants de gouvernance et d’insalubrité dans la capitale congolaise, la jeunesse est appelée à passer du constat à l’action. C’est le principal message porté par Jonson Nishara Butaragaza, coordonnateur national de la Dynamique Génération Consciente, lors d’une rencontre citoyenne organisée par le Collectif des mouvements citoyens autour des questions de gouvernance, d’engagement citoyen et d’assainissement urbain.
« Les solutions aux problèmes du Congo ne viendront pas d’ailleurs ; elles doivent d’abord venir des Congolais eux-mêmes », a-t-il insisté devant plusieurs jeunes venus participer aux échanges.
Pour l’activiste citoyen, la jeunesse représente aujourd’hui la principale force démographique du pays et constitue, à ce titre, un acteur incontournable du changement. S’appuyant sur l’article 5 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui consacre la souveraineté du peuple, il a rappelé que les citoyens disposent d’un rôle essentiel dans le contrôle de l’action publique.
« La jeunesse n’est pas seulement l’avenir du Congo, elle en est déjà le présent », a-t-il souligné, invitant les jeunes à privilégier le contrôle citoyen, le respect des institutions, la non-violence et le civisme responsable plutôt que la résignation ou les plaintes permanentes.
L’insalubrité, un défi qui commence par les comportements individuels
Abordant la question de l’assainissement de Kinshasa, Jonson Nishara Butaragaza a estimé que la lutte contre l’insalubrité ne peut reposer uniquement sur l’intervention des pouvoirs publics.
Selon lui, chaque citoyen doit reconnaître sa part de responsabilité dans la dégradation du cadre de vie urbain.
« Avant de demander des comptes au gouvernement, nous devons aussi nous interroger sur nos propres comportements », a-t-il déclaré.
L’intervenant a notamment dénoncé les gestes quotidiens qui contribuent à l’accumulation des déchets dans les rues, les caniveaux et les espaces publics : abandon de bouteilles en plastique, sachets, détritus ménagers ou encore obstruction des voies d’évacuation des eaux.
« Une ville ne devient pas insalubre en un jour. Elle le devient parce que des milliers de petits gestes irresponsables se répètent quotidiennement », a-t-il expliqué.
Pour lui, le changement doit commencer par un engagement personnel : refuser de jeter les déchets sur la voie publique et sensibiliser son entourage à adopter les mêmes comportements.
Miser sur les initiatives locales et l’action communautaire
Au-delà des comportements individuels, le coordonnateur national de la Dynamique Génération Consciente a encouragé les jeunes à s’organiser dans leurs quartiers afin de mener des actions concrètes d’assainissement.
« Nous ne devons pas toujours attendre l’intervention de l’État pour régler certains problèmes de proximité », a-t-il affirmé.
Il a notamment plaidé pour la création de petits groupes communautaires capables de curer les caniveaux, dégager les passages obstrués ou encore sensibiliser les habitants aux bonnes pratiques environnementales.
Selon lui, l’amélioration du cadre de vie passe également par une mobilisation collective à l’échelle des avenues, des quartiers et des communes.

Une jeunesse réceptive et prête à s’engager
Les échanges ont également permis aux participants de poser plusieurs questions sur les mécanismes d’engagement citoyen et les moyens de contribuer au développement local.
À l’issue de la rencontre, Jonson Nishara Butaragaza s’est dit encouragé par l’intérêt manifesté par les jeunes.
« J’ai rencontré une jeunesse curieuse, consciente des défis du pays et désireuse de comprendre comment agir efficacement », a-t-il confié.
Pour lui, le véritable défi demeure désormais celui de l’éducation civique et environnementale, deux dimensions qu’il considère comme fondamentales pour transformer durablement les comportements.
Une problématique déjà au cœur des débats publics
La question de l’insalubrité à Kinshasa revient régulièrement dans les débats publics et les programmes gouvernementaux. Plusieurs campagnes d’assainissement ont été lancées ces dernières années par les autorités provinciales et nationales afin de réduire l’accumulation des déchets et prévenir les inondations provoquées par l’obstruction des caniveaux.
Cependant, de nombreux observateurs soulignent que les résultats demeurent limités lorsque les efforts institutionnels ne sont pas accompagnés d’une forte implication citoyenne. Plusieurs organisations de la société civile plaident ainsi pour le renforcement de l’éducation environnementale dans les écoles, les universités et les espaces communautaires.
Perspectives : faire de la jeunesse le moteur du changement urbain
Pour les acteurs de l’engagement citoyen, l’avenir de Kinshasa dépendra autant des politiques publiques que de la capacité des habitants à adopter des comportements responsables.
La rencontre organisée par le Collectif des mouvements citoyens met en lumière une conviction de plus en plus partagée : la transformation de la capitale congolaise ne pourra être durable que si les jeunes deviennent les premiers ambassadeurs du civisme, de la gouvernance participative et de la protection de leur environnement.
« Si elle est bien encadrée et accompagnée, la jeunesse congolaise possède toutes les ressources nécessaires pour changer durablement l’image de Kinshasa dans les années à venir », a conclu Jonson Nishara Butaragaza.
Willy Ulengu Samuanda