Kinshasa | Le Conseil national de la jeunesse appelle les jeunes à s’engager contre l’insalubrité pour bâtir la ville qu’ils souhaitent léguer aux générations futures

À l’issue d’une journée de réflexion consacrée à l’insalubrité à Kinshasa, Fisson Dionga Manikanga, vice-président du Conseil national de la jeunesse chargé des questions stratégiques et techniques, a lancé un appel à la mobilisation de la jeunesse congolaise. Selon lui, l’assainissement de la capitale ne dépend pas uniquement de l’action des autorités publiques, mais aussi de l’implication citoyenne des jeunes, considérés comme les premiers acteurs du changement.

KINSHASA – Face aux défis croissants liés à l’insalubrité dans la capitale congolaise, le Conseil national de la jeunesse plaide pour une implication plus forte des jeunes dans les initiatives citoyennes et environnementales. C’est le message porté par Fisson Dionga Manikanga, vice-président du Conseil national de la jeunesse chargé des questions stratégiques et techniques, lors d’une journée de réflexion organisée autour de la problématique de l’assainissement urbain.

« Les jeunes doivent pleinement jouer leur rôle de moteur du développement et devenir des acteurs de solutions plutôt que de simples observateurs des problèmes qui affectent leur environnement », a-t-il déclaré.

Selon lui, les échanges ont permis de dégager un constat partagé : la lutte contre l’insalubrité est une responsabilité collective qui ne saurait être attribuée exclusivement aux pouvoirs publics.

« Le gouvernement a sa part de responsabilité, mais le peuple, en tant que détenteur de la souveraineté, a également le devoir de dire non à l’insalubrité », a-t-il souligné.

La jeunesse appelée à dépasser le sentiment de marginalisation

Au cours de son intervention, le responsable du Conseil national de la jeunesse a invité les jeunes Congolais à ne pas se considérer uniquement comme des victimes des difficultés socio-économiques ou des dynamiques politiques.

Pour lui, l’engagement citoyen commence par une prise de conscience individuelle et collective.

« La jeunesse possède une responsabilité historique. Cette responsabilité exige de la conscience, du courage et un engagement constant en faveur du développement de la communauté », a-t-il affirmé.

Il estime que les défis auxquels le pays est confronté ne pourront être relevés sans une participation active de la jeunesse dans les domaines du civisme, de l’environnement et de la gouvernance locale.

Un appel aux institutions pour davantage de confiance envers les jeunes

Fisson Dionga Manikanga a également adressé un message aux institutions publiques, notamment aux autorités de la ville de Kinshasa, qu’il encourage à associer davantage les jeunes aux initiatives de développement.

« La confiance accordée à la jeunesse est un investissement pour l’avenir du pays », a-t-il insisté.

Selon lui, l’efficacité des politiques publiques liées à l’assainissement et au développement local dépendra en partie de la capacité des décideurs à intégrer les jeunes dans les processus de conception, d’exécution et de suivi des projets.

Il a également appelé les responsables des organisations de jeunesse à assumer pleinement leurs responsabilités afin de mieux représenter les attentes des jeunes et de renforcer leur participation à la vie publique.

Sans moyens, l’engagement citoyen atteint rapidement ses limites

Interrogé sur le sentiment de marginalisation exprimé par certains jeunes et sur les difficultés qu’ils rencontrent pour s’engager concrètement dans les actions citoyennes, le vice-président du Conseil national de la jeunesse a reconnu l’existence d’un défi majeur : celui de l’accompagnement institutionnel et financier.

« La conscience est indispensable, mais elle doit être soutenue par des moyens adéquats pour produire des résultats durables », a-t-il expliqué.

Il a rappelé que plusieurs structures de représentation des jeunes existent à différents niveaux administratifs du pays, notamment les conseils locaux, communaux, provinciaux et le Conseil national de la jeunesse.

Cependant, il s’est interrogé sur les capacités réelles de ces structures à mener efficacement leurs missions sans ressources suffisantes.

« La question n’est pas seulement de créer des structures ; il faut aussi leur donner les moyens d’agir pour répondre aux attentes des jeunes et contribuer au développement du pays », a-t-il indiqué.

L’assainissement de Kinshasa, un enjeu régulièrement au cœur des politiques publiques

La problématique de l’insalubrité demeure l’un des principaux défis urbains de Kinshasa. Au fil des années, plusieurs campagnes de sensibilisation et d’assainissement ont été lancées par les autorités provinciales, des organisations citoyennes et des mouvements de jeunes.

Malgré ces initiatives, les experts du développement urbain soulignent régulièrement que les résultats demeurent fragiles lorsque les efforts institutionnels ne sont pas accompagnés d’un changement durable des comportements citoyens.

« La propreté d’une ville est le reflet du niveau de responsabilité collective de ses habitants », rappellent fréquemment les acteurs de la société civile engagés dans la protection de l’environnement.

Perspectives : vers une jeunesse davantage associée aux politiques de développement

Cette journée de réflexion intervient dans un contexte où la participation des jeunes aux politiques publiques est de plus en plus présentée comme un levier essentiel du développement durable et de la gouvernance locale.

Les organisations de jeunesse plaident depuis plusieurs années pour une meilleure prise en compte de leurs propositions dans les programmes liés à l’environnement, à l’éducation civique et à l’entrepreneuriat communautaire.

Pour Fisson Dionga Manikanga, l’ambition reste claire : faire émerger une génération consciente de ses responsabilités et capable de contribuer activement à la transformation de Kinshasa.

« La ville que nous rêvons ne se construira pas seule. Elle sera le résultat de l’engagement quotidien de chacun de nous », a-t-il conclu.

Et de rappeler que la renaissance de Kinshasa, souvent évoquée lors des précédentes campagnes citoyennes et environnementales, ne pourra devenir une réalité que si institutions publiques, organisations de jeunesse et citoyens avancent dans la même direction.

L’objectif demeure inchangé : redonner à la capitale congolaise l’image d’une ville propre, attractive et digne de son statut de plus grande métropole francophone d’Afrique centrale.

Willy Ulengu Samuanda

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