Assainissement de Kinshasa | La conseillère communale Peggy Ngolela appelle citoyens et autorités à agir ensemble pour sauver la ville

À Mont-Ngafula, l’élue locale plaide pour une mobilisation collective face à la dégradation du cadre de vie et dénonce l’absence de politiques publiques efficaces en matière d’assainissement.

Kinshasa. La question de l’assainissement urbain demeure l’un des défis majeurs auxquels fait face la capitale congolaise. Intervenant lors d’une tribune d’expression citoyenne organisée par le mouvement citoyen LUCHA autour de la participation des jeunes à la gouvernance locale, Mme Peggy Ngolela, conseillère communale de Mont-Ngafula, a lancé un appel à la responsabilité collective afin d’enrayer la détérioration progressive de l’environnement urbain.

Pour l’élue locale, l’assainissement ne relève pas uniquement de la responsabilité des pouvoirs publics. Il constitue également un devoir citoyen qui engage chaque habitant de Kinshasa.

« L’assainissement nous concerne tous. Chacun doit prendre conscience de sa responsabilité pour préserver notre ville », a-t-elle déclaré.

Face à la multiplication des inondations et à leurs conséquences récurrentes sur les populations, Peggy Ngolela estime que les mauvaises pratiques quotidiennes contribuent largement à l’aggravation de la situation.

Selon elle, l’abandon des déchets dans les espaces publics, les caniveaux et le long des routes favorise l’obstruction des systèmes d’évacuation des eaux, accentuant ainsi les dégâts observés après chaque épisode pluvieux.

« Si chacun prend l’habitude de jeter ses déchets dans une poubelle, à domicile ou dans un espace approprié, nous réduirons progressivement les tas d’immondices qui envahissent nos quartiers », a-t-elle soutenu.

Une responsabilité partagée entre l’État et la population

Si elle insiste sur le rôle des citoyens, la conseillère communale rappelle également que les autorités locales ont une part importante de responsabilité dans la gestion de l’environnement urbain.

Elle déplore notamment l’absence ou la faible application des politiques publiques prévues en matière d’assainissement au niveau communal.

« Lorsqu’il n’y a pas de politique publique claire ni de mécanismes de contrôle, chacun finit par agir selon ses propres règles », a-t-elle affirmé.

L’élue fait référence aux dispositions légales qui confient aux autorités communales la mission d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques locales d’assainissement. Selon elle, ces mécanismes restent insuffisamment appliqués sur le terrain.

La participation des jeunes au cœur de la gouvernance locale

Au-delà de la question environnementale, la rencontre organisée par la LUCHA visait également à encourager l’implication des jeunes dans les affaires publiques.

Pour Peggy Ngolela, ces espaces de dialogue constituent des occasions importantes d’échange d’expériences et de réflexion collective.

« Participer à ce type de tribune permet de partager des idées, d’apprendre les uns des autres et de renforcer l’engagement des jeunes dans la gouvernance locale », a-t-elle expliqué.

L’élue estime que la démocratie locale ne peut se consolider sans une implication active des jeunes, des organisations citoyennes et des élus de proximité.

Des initiatives communautaires en préparation à Mont-Ngafula

Répondant aux préoccupations soulevées par certains participants sur le rôle des conseillers communaux, Peggy Ngolela a tenu à rappeler les limites institutionnelles auxquelles font face de nombreux élus locaux.

Elle affirme néanmoins poursuivre plusieurs actions de sensibilisation à travers sa fondation et son association « Femmes au cœur du développement ».

Parmi les projets en préparation figure notamment une initiative baptisée « Avenue Propre », destinée à encourager la salubrité dans les quartiers de Monga-Ngafula à travers une dynamique de compétition citoyenne.

L’élue évoque également un programme visant à renforcer l’autorité de proximité à travers la redynamisation du rôle des chefs de rue.

« Nous avons plusieurs projets en préparation. Notre ambition est de contribuer à une meilleure organisation communautaire et à un environnement plus sain », a-t-elle indiqué.

Des difficultés persistantes pour les élus locaux

La conseillère communale a également évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux conseillers communaux depuis leur installation.

Elle cite notamment les retards liés à leur prise en charge financière ainsi que certaines contraintes administratives qui limiteraient leur capacité d’action sur le terrain.

Malgré ces obstacles, elle affirme que plusieurs élus poursuivent leurs efforts afin de répondre aux préoccupations des populations.

Entre rappels du passé et défis à venir

Les préoccupations soulevées lors de cette tribune interviennent dans un contexte marqué par plusieurs épisodes d’inondations meurtrières ayant frappé Kinshasa ces dernières années. À chaque saison des pluies, les autorités, les organisations citoyennes et les experts en urbanisme rappellent la nécessité d’améliorer la gestion des déchets, de curer régulièrement les caniveaux et de renforcer la planification urbaine.

De nombreux rapports d’organisations nationales et internationales ont également souligné le lien direct entre l’occupation anarchique des espaces publics, l’insuffisance des infrastructures d’assainissement et l’aggravation des catastrophes urbaines dans la capitale congolaise.

Les perspectives demeurent ainsi étroitement liées à la capacité des autorités locales, des élus communaux, de la société civile et des citoyens à travailler ensemble autour d’une vision commune de la gestion urbaine.

Pour Peggy Ngolela, l’avenir de Kinshasa dépend avant tout d’un sursaut collectif.

« Nous devons nous lever ensemble pour offrir à Kinshasa une nouvelle image et un cadre de vie digne pour tous », a-t-elle conclu.

Willy Ulengu Samuanda

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