
Luanda, 24 janvier 2026 – Le Président angolais et président en exercice de l’Union africaine, João Manuel Gonçalves Lourenço, a souligné l’urgence de mettre un terme aux conflits en Afrique pour réaliser le rêve du « silence des armes ». Lors d’une cérémonie d’échange de vœux avec des diplomates et chefs d’organisations internationales, il a évoqué le rôle de l’Angola dans la République démocratique du Congo (RDC) et dans d’autres crises sur le continent.
Alors qu’il se prépare à céder la présidence tournante de l’Union africaine à Évariste Ndayishimiye, Président du Burundi, Lourenço a insisté sur le respect des engagements pris dans le cadre du processus de Washington, qui encadre la crise entre Kinshasa et Kigali, ainsi que dans le processus de Doha, lié à la rébellion de l’AFC/M23. Il a également appelé à un dialogue national inclusif entre les autorités congolaises et la société civile.
« L’Angola continue de jouer un rôle crucial dans le processus de pacification de la RDC, ayant contribué à l’accord de paix signé à Washington le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda. C’est un moment historique que toutes les parties doivent honorer pour atteindre une paix durable dans la région des Grands Lacs. Le cessez-le-feu négocié à Doha doit être appliqué, et nous encourageons un dialogue intercongolais immédiat », a déclaré Lourenço.
Pour le Président angolais, la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique sont essentielles pour que le continent atteigne ses objectifs de développement. Il a noté que les défis actuels exigent des réponses rapides et coordonnées, intégrant des éléments tels que le développement économique, l’inclusion sociale et la bonne gouvernance.
« En tant que président de l’Union africaine, j’ai travaillé pour promouvoir la paix et la stabilité en Afrique, mais nous devons continuer nos efforts pour mettre fin aux conflits armés. Cette quête du silence des armes est essentielle pour le développement du continent », a-t-il ajouté.
Des démarches diplomatiques orchestrées par Lourenço ont également eu lieu, avec des consultations le 14 janvier 2026 à Luanda, impliquant des délégations de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Ces rencontres visent à soutenir les efforts de médiation en RDC.
Les chefs religieux ont manifesté leur volonté de contribuer à la paix et à la réconciliation nationale, soulignant la nécessité d’une solution consensuelle pour rétablir la confiance entre les différents acteurs. À l’issue de ces discussions, un émissaire a été envoyé à Kinshasa, portant un message de João Lourenço au président Félix Tshisekedi.
Cependant, cette initiative n’est pas perçue comme une nouvelle démarche diplomatique, mais plutôt comme un prolongement des efforts africains soutenant les initiatives déjà en cours, notamment le processus de Washington et celui de Doha.
Des divergences persistent au sein du paysage sociopolitique congolais. L’AFC/M23 a exprimé le besoin de clarifications de la part de l’Angola, étant déjà engagé dans le processus de Doha. De son côté, le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, a exprimé des réserves, plaidant pour la finalisation des initiatives en cours avant d’envisager un dialogue élargi.
Willy Ulengu Samuanda