
Après des mois de prudence diplomatique, les États-Unis sortent de leur silence feutré. « Le Rwanda doit cesser tout soutien au M23 », a déclaré sans détour Massad Boulos, émissaire américain pour l’Afrique, de retour à Washington. Une injonction claire, bien loin de l’ambiguïté diplomatique qui entourait jusque-là les positions américaines sur le conflit à l’Est de la République démocratique du Congo.
En conférence de presse, celui qui représente l’administration Trump dans la région des Grands Lacs a martelé une ligne dure : Kigali doit « retirer » ses troupes de l’Est congolais et « le M23 doit déposer les armes ». Des mots que l’on n’avait pas encore entendus avec cette netteté de la part de Washington.
Lors de sa tournée régionale, l’homme s’était pourtant montré plus évasif, notamment à Kigali, préférant botter en touche : « Nous ne sommes pas impliqués dans ces détails », glissait-il alors. Mais à Washington, fini les ronds de jambe. « Les États-Unis envisageront tous les moyens économiques et diplomatiques pour promouvoir la paix », a-t-il promis, sans exclure de nouvelles sanctions.

Des sanctions, il y en a déjà eu. Le général James Kabarebe, conseiller militaire du président Kagame et ministre de la Coopération régionale, a été placé sous le coup de mesures américaines. Pas de quoi faire plier Kigali, qui continue de nier toute présence militaire en RDC malgré les rapports accablants de l’ONU et les dénonciations répétées de Kinshasa.
Trente ans de conflit, des milliers de morts, une région exsangue. Boulos semble en prendre la mesure :
« Il est temps d’y mettre fin », lâche-t-il.
Encore faudrait-il que les paroles se traduisent en actes.