
Dans un courrier dont Sasastudio.net a obtenu copie, la Primature a mis un coup d’arrêt temporaire à un contrat controversé passé entre le ministère de la Justice et la société ZION CONSTRUCTION SARL. L’affaire, qui aurait pu passer inaperçue, met en lumière une pratique bien connue dans les couloirs de l’administration nationale : les marchés de gré à gré aux contours flous.
Signé entre les deux parties sans appel d’offres, ce contrat a attiré l’attention de la Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa, qui, par la plume de son directeur de cabinet Michael Lukori Nsimba, demande purement et simplement la suspension de la procédure. Motif invoqué : absence d’approbation préalable, comme l’exige l’article 15 de la Loi sur les marchés publics.
Mais ce n’est pas tout. La Primature tacle également l’argument du ministère de la Justice qui invoquait un délai réglementaire de 10 jours pour justifier l’avancement du processus. Une interprétation jugée inappropriée dans ce cas précis :
« Ce délai concerne les marchés régulièrement suivis, sans ambiguïtés ni besoin d’informations complémentaires, ce qui n’est manifestement pas le cas ici », écrit sèchement le cabinet du Premier ministre.
Derrière la langue technocratique de l’administration se cache une série de doutes : pourquoi le choix d’un gré à gré, alors que la loi privilégie une procédure restreinte ? L’entreprise retenue a-t-elle déjà fait ses preuves ? Où sont les plans, les dessins, les études du bâtiment à construire ? Et les prix ? Le bordereau, le devis détaillé ? Autant de pièces manquantes exigées par la Cheffe du Gouvernement, qui réclame des éclaircissements urgents avant tout feu vert.
Ce nouveau cas rappelle d’autres dossiers dans lesquels des contrats ont été signés dans la précipitation, souvent au profit de sociétés peu connues, aux compétences incertaines, mais aux connexions bien placées. La Primature, visiblement plus vigilante, semble vouloir remettre de l’ordre dans une pratique devenue trop banale.
En attendant, le marché est gelé. Et le ministère de la Justice a désormais l’obligation de jouer cartes sur table.