
La deuxième édition du cadre de concertation sur l’agenda genre, droits des femmes et des filles s’est ouverte ce mercredi à Kinshasa, à l’initiative de l’organisation Afia Mama, en collaboration avec l’Assemblée nationale et le soutien financier de l’Ambassade de France.
L’événement s’inscrit dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles liées aux conflits, reconnue comme crime contre l’humanité et menace à la sécurité collective, selon le droit international.




Dans son discours d’ouverture prononcé au nom du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, le Rapporteur Jacques Djoli Eseng’ekeli a dénoncé la persistance des violences faites aux femmes pendant les conflits armés, en dépit des dispositifs constitutionnels de protection.
« Malgré les accords de paix, les femmes restent les principales victimes : viols, exécutions sommaires, mutilations… L’article 15 de notre Constitution doit être appliqué avec rigueur. Il faut des mécanismes clairs pour éviter la répétition de ces atrocités », a-t-il martelé.
Des chiffres alarmants ont été cités : 53 % des femmes subissent des insultes conjugales, 39 % sont victimes de coups, et 27 % font l’objet de pratiques coutumières violentes. En 2009, 99,2 % des victimes de violences sexuelles étaient des femmes.




Prenant la parole à la suite du rapporteur, la directrice exécutive d’Afia Mama, Annie Modi, a plaidé pour des engagements politiques concrets, appelant les députés à voter et faire appliquer les lois, renforcer les contrôles et se montrer présents sur le terrain.
L’ambassadeur de France a, pour sa part, souligné l’importance de ce type de dialogue pour mobiliser le pouvoir législatif autour de la protection des victimes et du renforcement des mécanismes de prévention.




Plusieurs panelistes issus de la société civile et du monde institutionnel ont animé la deuxième partie de la cérémonie, abordant divers aspects des violences sexuelles en temps de conflit et les perspectives de lutte durable.
Cet échange multipartite marque un pas de plus vers une mobilisation nationale pour la protection des droits des femmes et des filles, dans un pays où la paix reste fragile et les blessures nombreuses.
Espérant Daniel Kambulu