
En mission officielle aux États-Unis, la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a consolidé le partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et le Groupe de la Banque mondiale. Lors d’un entretien tenu le 16 avril à Washington avec Anna Bjerde, Directrice générale des opérations de l’institution, Kinshasa a obtenu des garanties de soutien pour deux chantiers énergétiques vitaux : l’initiative panafricaine « Mission 300 » et le projet hydroélectrique du Grand Inga.
Au cœur des échanges, la « Mission 300 » s’impose comme le levier principal pour résorber le déficit énergétique national. Ce programme, qui vise à électrifier 300 millions d’Africains d’ici 2030, place la RDC parmi ses priorités géographiques aux côtés de géants comme le Nigeria et l’Éthiopie. Pour le gouvernement Suminwa, l’enjeu est de combiner des infrastructures lourdes et des solutions décentralisées (mini-réseaux) pour atteindre les zones rurales encore plongées dans l’obscurité.
Le dossier du Grand Inga, serpent de mer de l’économie congolaise, semble retrouver une dynamique diplomatique. L’appui de la Banque mondiale, bien que focalisé sur l’assistance technique et la structuration de projets bancables, est un signal fort envoyé aux marchés internationaux. Cette relance s’inscrit dans une vision globale incluant également le secteur de l’eau, où l’exécutif congolais réaffirme son ambition d’atteindre un taux d’accès de 60 % à l’horizon 2035, moyennant une réforme structurelle de la REGIDESO.
Cette séance de travail marque une volonté de synchroniser les politiques publiques congolaises avec les capacités de financement multilatéral. En érigeant l’énergie et l’eau en piliers de la transformation sociale, Judith Suminwa cherche à transformer le potentiel naturel de la RDC en actifs économiques concrets, capables de soutenir l’industrialisation du pays.
Willy Ulengu Samuanda