
Le Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi (RCET-CPS) a vivement fustigé, ce jeudi 14 mai, les récentes déclarations d’Emmanuel Macron remettant en cause l’efficacité des sanctions contre les acteurs de l’instabilité dans l’Est de la RDC. Pour Jean-Pierre Lisanga Bonganga, coordonnateur du mouvement, la position de l’Élysée qualifiée de « hors sol » ignore les leçons de l’histoire congolaise. Entre soutien indéfectible à la « diplomatie agissante » de Félix Tshisekedi et réquisitoire contre Paris, le RCET-CPS durcit le ton et exige une politique de coercition internationale accrue.
Cette levée de boucliers fait suite aux propos tenus par le président français en marge du sommet de Nairobi. Emmanuel Macron y avait suggéré qu’une politique de sanctions ciblées, visant notamment des figures comme Paul Kagame ou Joseph Kabila, pourrait s’avérer contre-productive en freinant la volonté de dialogue. Pour le RCET-CPS, ce raisonnement est un déni des réalités du terrain. Le mouvement martèle que les décennies de concessions, de « brassages » et de « mixages » militaires n’ont abouti qu’à l’infiltration des services de sécurité, à l’occupation territoriale et au pillage systématique des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo.
Sur le front diplomatique, Jean-Pierre Lisanga Bonganga salue une victoire stratégique de Kinshasa : le durcissement des positions du Trésor américain et de l’Union européenne contre les leaders de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Cette convergence internationale valide, selon lui, la pertinence de la stratégie de fermeté prônée par le pouvoir en place. Par ailleurs, le mouvement met en perspective ce succès avec le renforcement des liens bilatéraux, citant les récents accords avec l’Ouganda dans les secteurs des technologies et du commerce comme preuve d’une diplomatie régionale qui ne sacrifie plus la souveraineté sur l’autel de compromis précaires.
L’opposition frontale de Lisanga Bonganga à la vision française reflète un divorce de paradigme plus profond. Là où Paris s’accroche à une « realpolitik » d’incitation pour ne pas braquer les acteurs régionaux, la classe politique congolaise exige désormais une rupture épistémologique dans la gestion des crises. En rappelant les conséquences « désastreuses » des accords de paix passés, le RCET-CPS se positionne comme le gardien de l’intégrité nationale. Ce recadrage est un message clair envoyé aux chancelleries : pour la famille politique présidentielle, la stabilité ne passera plus par des arrangements de coulisses, mais par une justice internationale punitive ciblant directement les donneurs d’ordres.
cette sortie médiatique sonne comme un avertissement à la communauté internationale : toute tentative de médiation qui ferait l’économie de sanctions fermes se heurtera à l’intransigeance de Kinshasa. Pour Sasa studio.net, il apparaît évident que le temps du dialogue inconditionnel semble révolu, laissant place à une ère de diplomatie de résultats.
Willy Ulengu Samuanda