
Le Centre Congolais pour le Droit du Développement Durable (CODED) et plusieurs organisations de la société civile ont finalisé, ce jeudi 14 mai à Kinshasa, l’harmonisation de leurs recommandations sur le projet de loi relatif à l’accès à l’information publique. Enlisée depuis plus d’une décennie au Parlement, cette réforme est jugée vitale pour la transparence et la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo.
L’administration congolaise s’apprête-t-elle à lever le voile sur ses dossiers les plus opaques ? C’est, en tout cas, le sens du plaidoyer porté par Me Erick Kassongo, Directeur exécutif du CODED. Lors d’un atelier technique, des experts et activistes ont passé au peigne fin l’arsenal juridique en préparation afin d’en combler les lacunes avant son examen par les commissions parlementaires. L’objectif est clair : transformer une volonté politique latente en un outil contraignant permettant à tout citoyen d’exiger des comptes.
Le constat dressé par les participants est sans appel. Malgré l’existence d’une proposition de loi depuis plus de dix ans, l’accès aux documents publics demeure un parcours du combattant, souvent entravé par une culture du secret solidement ancrée dans les institutions. Pour Mignonne Mbombo, de « Together RDC », cette absence de cadre réglementaire ne fait que nourrir la méfiance entre les gouvernants et les gouvernés, tout en favorisant la rétention illégale d’informations d’intérêt général.
Au-delà de la simple consultation de documents, les enjeux sont structurels. Pour Me Venance Kalenga, de la Dynamique Justice et État de droit, cette loi est le chaînon manquant du monitoring de l’action publique. En fixant des procédures claires et des délais de réponse, elle permettrait aux défenseurs des droits de l’homme et aux journalistes de s’appuyer sur des preuves tangibles pour dénoncer les abus.
« La transparence est le meilleur antidote à la désinformation », a renchéri Me Victorine Kilemba du CODED, soulignant que l’accès aux faits officiels est le premier rempart contre les rumeurs.
La prochaine étape s’annonce diplomatique et politique. La société civile prévoit de porter ces observations harmonisées directement auprès des décideurs de la Chambre basse. L’enjeu est d’éviter que le texte ne soit dénaturé ou vidé de sa substance lors des débats en commission. Pour ces organisations, la promulgation de cette loi ne serait pas seulement une victoire technique, mais un signal fort envoyé aux partenaires internationaux sur la volonté de la RDC de moderniser sa gouvernance.
Willy Ulengu Samuanda