
L’ambassadeur ukrainien à Kinshasa, Vasyl Hamianin, s’est entretenu ce 12 mai avec Modeste Bahati Lukwebo, baron et 2ème vice-Président du Sénat. En ligne de mire : la souveraineté, la coopération parlementaire et une guerre qui n’en finit pas.
Par un lundi ensoleillé à Kinshasa, entre les grincements de crise dans l’Est et les postillons de diplomatie bien huilée, l’Ukraine a tenté un geste : parler à la RDC en miroir. Vasyl Hamianin, ambassadeur ukrainien en poste dans la capitale depuis peu, s’est entretenu avec Modeste Bahati Lukwebo, Président de l’AFDC et figure clé du Sénat, il lui a « tendu une oreille attentive » – et plus si affinités institutionnelles.


« Solidarité totale », « intégrité territoriale », « coopération interparlementaire »… les mots, partagé sur les réseaux sociaux, sont pesés, mais ils disent beaucoup. À défaut d’avoir des troupes ou des drones à offrir, Kyiv brandit le langage universel des États en souffrance : celui des territoires grignotés, des frontières menacées, des peuples à soutenir. Le Donbass répond au Kivu. Marioupol au Nord-Kivu. Une diplomatie des douleurs partagées, pourrait-on dire.


À travers cet échange, l’Ukraine veut signifier qu’elle n’est pas qu’un client de l’OTAN ou un pion dans le bras de fer russo-occidental. Elle se rêve actrice du Sud global, partenaire des oubliés des grandes tables. Le diplomate Hamianin évoque une volonté d’approfondir les liens parlementaires entre Kyiv et Kinshasa : groupes d’amitié, commissions, partages d’expériences. Et pourquoi pas ? Deux pays en guerre, deux démocraties cabossées, deux scènes politiques au parfum d’instabilité.

Bahati Lukwebo, fin tacticien du marigot politique national, a-t-il été sensible à l’appel ? Rien ne filtre encore du Sénat. Mais l’ambassadeur, lui, affiche une certitude : « une étape constructive », écrit-il sur ses comptes. Les diplomates aiment ces formules.
LUKEKA KALUME