RDC : La justice décimée – 29 magistrats morts en 9 mois, hécatombe au CSM

Alerte rouge dans la magistrature. La justice congolaise est en deuil. C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. 29 magistrats décédés entre janvier et septembre 2026.

Le bilan a été arrêté samedi 26 septembre lors d’une réunion d’urgence du bureau du conseil supérieur de la magistrature (CSM) à Kinshasa.

Parmi eux, 4 magistrats nouvellement nommés en février dernier parmi les 2 500 qui avaient prêté serment au palais du peuple. Ils n’auront exercé que quelques mois.

Plus grave : au moment de la réunion, 5 corps de magistrats se trouvaient encore dans les morgues, en attente d’inhumation.

Le CSM révèle les noms de 3 d’entre eux :

– Caïphe Useni Sefu, premier avocat général au parquet général près le conseil d’État, décédé le 24 septembre en Afrique du Sud

– Vincent Mwana Mulenda, président de la cour d’appel du Haut-Katanga, assassiné dans sa résidence à Lubumbashi dans la nuit du 22 au 23 septembre

– John Amsini Kengo, procureur de la République, décédé le 24 septembre à l’hôpital HJ de Limete à Kinshasa

Le détonateur de cette réunion d’urgence : le crash aérien de Kenge du vendredi 25 septembre.

Dans cet accident d’un avion de TRACEP Congo Aviation près de Kenge (Kwango), la justice militaire a perdu ses deux plus hauts responsables :

Le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la haute cour militaire et deuxième secrétaire-rapporteur du CSM, et le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général près la haute cour militaire et troisième secrétaire-rapporteur du CSM.

Les deux hommes revenaient d’une mission de service avec 15 autres personnes. Bilan du crash : 17 morts.

Le secrétaire permanent du CSM, Télesphore Nduba, parle d’une « double disparition inattendue » de magistrats qui « par leur sagesse et compétence, ont accompagné l’institution CSM à s’affirmer comme pouvoir judiciaire ».

Face à l’hécatombe, le gouvernement a décrété depuis lundi 28 septembre la mise en berne des drapeaux sur toute l’étendue du territoire jusqu’à l’inhumation. Trois jours de deuil national sont prévus. Une enquête judiciaire a été ouverte par le ministre de la justice Guillaume Ngefa.

29 morts en 9 mois. Pour un corps déjà en sous-effectif chronique, c’est un coup dur pour l’État de droit.

 

Willy Ulengu

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