
Les autorités congolaises ont officialisé, le 15 mai, l’émergence d’un foyer épidémique de virus Ebola, souche Bundibugyo, dans l’est du pays. Avec 131 décès présumés signalés principalement en Ituri et au Nord-Kivu, le gouvernement et les partenaires internationaux, dont les États-Unis, mobilisent des ressources d’urgence pour circonscrire la progression du virus.
La République démocratique du Congo (RDC) replonge dans l’urgence sanitaire. Le ministre de la Santé, le Dr Samuel Roger Kamba, a confirmé l’apparition de la souche Bundibugyo, une variante historiquement moins fulgurante que la souche Zaïre, mais dont la dispersion géographique inquiète. À ce jour, 513 cas suspects ont été répertoriés, touchant les zones de santé de Bunia (Ituri) et de Butembo (Nord-Kivu). La détection d’un cas suspect à Goma, hub humanitaire et commercial, place les services de surveillance en état d’alerte maximale.

Face à cette 17e épidémie, l’exécutif congolais mise sur son expérience acquise lors des précédentes crises. Lors d’un briefing de presse aux côtés du Dr Jean-Jacques Muyembe (INRB) et du ministre de la Communication Patrick Muyaya, le Dr Kamba a réaffirmé la capacité de riposte du pays. Le président Félix Tshisekedi a, pour sa part, convoqué une cellule de crise le 18 mai à la Cité de l’Union africaine, instruisant le gouvernement de saturer les zones touchées en intrants médicaux et en personnel de prise en charge.
La réponse internationale s’organise promptement. Le Département d’État américain a annoncé le déblocage d’une aide d’urgence de 13 millions de dollars pour soutenir les efforts en RDC et en Ouganda voisin. Sur le terrain, la stratégie repose sur un changement comportemental strict : suspension des rites funéraires à risque, sécurisation des enterrements et interdiction de consommer de la viande de brousse trouvée morte. La réussite de cette riposte dépendra de la célérité du traçage des contacts dans des zones parfois marquées par l’insécurité.
Willy Ulengu samuanda