
Dans un acte de défiance et d’irresponsabilité, le Rwanda a annoncé ce 17 mars, la rupture de ses relations diplomatiques avec la Belgique, donnant un ultimatum de 48 heures aux diplomates belges pour quitter son territoire. Ce geste, loin d’être un simple épiphénomène diplomatique, résulte de l’intensification de la guerre froide menée par Kigali contre les intérêts souverains de la RDC, déjà victime de l’agression rwandaise soutenant le M23.
Loin d’être une décision isolée, cette rupture entre les deux nations est la logique du contexte diplomatique tendu, où la Belgique, fidèle à son rôle d’acteur sur la scène internationale, a pris la défense de la RDC face à l’extension de la violence rwandaise dans l’Est du pays. Le Rwanda, en proie à une dérive néocoloniale d’un autre âge, semble aujourd’hui totalement déconnecté des réalités de la diplomatie internationale et de la paix régionale. Reconnu unanimement sur le plan international comme soutien de manière flagrante du M23, Kigali cherche à détourner l’attention de ses crimes de guerre en attaquant un des seuls pays européens qui a choisi de s’opposer fermement à ses manœuvres expansionnistes.
Dans une déclaration officielle, le gouvernement rwandais a évoqué les « tentatives pitoyables » de la Belgique pour « maintenir ses illusions néocoloniales ». Une accusation d’autant plus perverse qu’elle masque le rôle central joué par le Rwanda dans l’agression contre la RDC, une souveraineté violée à répétition depuis plusieurs années. À l’heure où le Rwanda exporte la guerre en République Démocratique du Congo, son gouvernement choisit de rompre les ponts avec Bruxelles, l’accusant d’avoir pris parti pour Kinshasa. Mais en réalité, c’est Kigali qui, dans une démarche impérialiste et coloniale, utilise la guerre pour asseoir sa domination dans une région d’Afrique qui souffre depuis 30 ans de ses ingérences.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a exprimé son incompréhension face à cette rupture, soulignant que la Belgique n’avait cessé de soutenir la RDC dans sa lutte contre les groupes armés soutenus par Kigali. En réponse à cette attaque diplomatique, la Belgique a expulsé les diplomates rwandais, qualifiant la décision rwandaise de « disproportionnée ». Mais au-delà de cette réplique officielle, c’est la communauté internationale qui doit aujourd’hui comprendre que le Rwanda, en attaquant les diplomates belges, attaque également la paix et la stabilité de toute la région.
L’Union Européenne, sous la pression de la Belgique, a adopté de nouvelles sanctions contre des responsables rwandais impliqués dans le soutien au M23.