Installé à Montréal depuis son exil forcé en 2022, Samuel Ahoka Emongo poursuit depuis le Canada un combat politique entamé en République démocratique du Congo. Ancien militant ciblé pour ses prises de parole critiques, il est aujourd’hui une figure active de la diaspora congolaise, mobilisée contre la mauvaise gouvernance et les violences persistantes dans l’Est du pays.
Depuis son arrivée, Samuel organise régulièrement des marches pacifiques dans plusieurs villes canadiennes. À Montréal, il réunit des membres de la diaspora, des défenseurs des droits humains et des citoyens issus d’autres communautés africaines pour dénoncer les massacres, les déplacements de population et l’inaction du gouvernement congolais.
« Chaque pas posé dans la rue est un cri pour les nôtres restés là-bas », dit-il.
En parallèle, il anime des émissions sur AFROCANADA TV et BOKOTA TELEVISION, deux chaînes communautaires qui lui offrent une plateforme pour aborder les enjeux politiques congolais : corruption, impunité, clientélisme. Son ton direct et ses analyses sans détour lui valent une audience croissante. Il y défend une gouvernance responsable et appelle à l’engagement de la jeunesse.

Son militantisme n’est pas sans conséquences. Enlevé et torturé en 2022, il a quitté le pays pour échapper à la répression. Mais les menaces continuent. Des messages anonymes le visent régulièrement, et sa famille restée en RDC subit toujours des pressions.
« Je suis en sécurité ici, mais ma voix reste au service de ceux qui souffrent là-bas », affirme-t-il.
Au-delà de la dénonciation, Samuel s’investit aussi dans des projets de soutien. À travers l’initiative « Ta Main Mon Espoir », il apporte une aide concrète aux jeunes marginalisés, aux enfants des rues et aux familles touchées par les conflits. Un engagement qu’il conçoit comme une réponse à l’exil : faire de la distance une force, et de la colère un moteur d’action.
Sans parti politique ni mandat officiel, Samuel Ahoka Emongo continue de faire entendre une voix indépendante, loin du Congo mais proche des luttes qui y demeurent.
CHRISTIVIE NYAMABU
Vraiment c’est une bonne chose pour payer les fonctionnaires de l’état