Kasaï Central | Le DG de l’OGEFREM déroule le plan logistique pour ancrer le Grand Kasaï dans le commerce régional

C’est une arrivée qui ne passe pas inaperçue. À Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, le ballet des officiels prend des airs de croisade logistique.

William Kazumba, Directeur général de l’OGEFREM (Office de gestion du fret multimodal), foule le tarmac accompagné d’une délégation étoffée : deux administrateurs, un député, l’honorable Théo Kazadi, un ancien élu, monsieur Bombele, et surtout, la représentante du Vice-Premier ministre/Ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.

La mission ? Évaluer, constater, identifier. Objectif : faire atterrir des projets colossaux d’infrastructures logistiques sur la terre poussiéreuse du Grand Kasaï. Et si l’on se fie au discours, les ambitions sont à la mesure du défi.

« Votre présence ici à l’aéroport, ça dénote la considération et l’intérêt que vous apportez aux actions que mène l’OGEFREM dans cette province et dans l’espace Grand Kasaï », lance William Kazumba à la presse.

Le ton est solennel, presque présidentiel. Il faut dire que le projet est d’envergure.

Sous la houlette du ministère des Transports, l’OGEFREM a décroché un premier feu vert :

« La Banque mondiale a accédé à cette demande de l’OGEFREM et de notre ministère de tutelle, finalement du gouvernement de la République ».

L’enjeu ? Faire sortir de terre un port sec à Kalambambuji et ses plateformes satellites — aire de stationnement à Matamba, zones logistiques à Bilomba, Mbulungu, Tshikapa…

Mais la Banque africaine de développement (BAD), elle, attend du concret.

« Pour sortir son argent, il faut que l’OGEFREM prouve qu’à Kalambambuji nous avons un site qui nous appartient avec les titres de propriété », martèle le DG Kazumba.

Idem pour tous les autres sites. Et c’est bien là l’objet de cette tournée : sécuriser les terres, aligner les actes, verrouiller les accords.

Le DG ne cache pas l’ambition derrière ces démarches :

« Ce qui intéresse l’OGEFREM, c’est d’accomplir la vision du Président de la République, Son Excellence, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui ne dort pas chaque jour ».

Et pour cause : à en croire le patron de l’OGEFREM, cette vision est « une vision de la grandeur du Congo ». L’objectif est clair : faire du pays « un acteur central de l’Afrique et des activités économiques du monde ».

À Matamba, l’aire de stationnement prend une dimension stratégique : un entonnoir capable d’absorber un flux routier déjà dense sur l’axe Kamako-Tshikapa-Kananga.

« Nous devons construire Matamba pour permettre à cette ville de fonctionner normalement et de ne pas être asphyxiée demain », alerte Kazumba, évoquant le spectre d’une congestion urbaine cacophonique.

Et l’argument de la sécurité n’est jamais loin :

« Si vous recevez les camions des inflammables qui ne sont pas mis dans les stations service et qui vont être stockés comme on stockait à Ndesha, au centre-ville… vous savez ce que ça a donné », prévient-il.

En coulisses, le lobbying bat son plein. Car derrière les promesses d’infrastructures, c’est un territoire entier qui rêve d’industrialisation. Sucrerie à Luiza, cimenterie à Dibaya, complexes logistiques et aires de stationnement partout où le fret transite.

« Et une bonne nouvelle, la Banque Africaine de développement a accepté de donner le fond à cette province pour ses études de faisabilité », annonce le DG Kazumba.

Mais l’ultime avertissement est sans ambiguïté :

« Ce n’est pas le Chef de l’État qui va construire. C’est nous qui l’a envoyé, à qui il a donné une parcelle du pouvoir ».

FREDDY MILLIONS MBWEBWE

Un commentaire sur « Kasaï Central | Le DG de l’OGEFREM déroule le plan logistique pour ancrer le Grand Kasaï dans le commerce régional »

  1. C’est une vérité cher DG, ce n’est pas le président qui va le faire mais c’est nous les bâtisseurs. En tout cas c’est très pertinent

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