Couloir vert Kivu-Kinshasa | Greenpeace Afrique appelle la RDC à suspendre les nouveaux projets extractifs pour préserver son ambition climatique

Kinshasa a été, ce lundi 27 juillet, le théâtre d’un nouvel appel en faveur de la protection des forêts du Bassin du Congo. Greenpeace Afrique a présenté une note d’orientation exhortant le gouvernement congolais à instaurer un moratoire immédiat sur tout nouveau projet pétrolier, gazier et minier dans le Couloir vert Kivu-Kinshasa.

Pour l’organisation, cette initiative constitue un test de cohérence entre les engagements climatiques de la République démocratique du Congo et les politiques de développement de ses ressources naturelles.

« La crédibilité d’un projet de conservation se mesure à la capacité de le protéger des pressions qui le menacent. »

Présentée au siège de Greenpeace Afrique à Kinshasa, dans la commune de Ngaliema, cette étude met en lumière les risques que représentent les activités extractives pour ce vaste espace forestier considéré comme l’une des initiatives environnementales les plus ambitieuses d’Afrique. Selon l’organisation, le Couloir vert est appelé à jouer un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone et la lutte contre les changements climatiques.

« Préserver les forêts aujourd’hui, c’est protéger les générations futures », soutiennent les auteurs de la note.

Au cours de la présentation, le coordonnateur pays de Greenpeace Afrique, Georges Milumbu, ainsi que les responsables des campagnes Forêts et Biodiversité ont exposé les conclusions de leurs travaux. L’organisation affirme qu’une analyse spatiale révèle que près de 72 % du périmètre du Couloir vert se superpose à des blocs pétroliers annoncés par le gouvernement, tandis qu’environ 22 à 23 % de cette superficie est concernée par des concessions minières actives ou inactives. Ces données sont celles avancées par Greenpeace Afrique et servent de base à son plaidoyer en faveur d’une protection renforcée.

« Les chiffres traduisent l’ampleur des défis auxquels le Couloir vert devra faire face », souligne l’organisation.

Face à ce constat, Greenpeace Afrique recommande au gouvernement de déclarer le Couloir vert incompatible avec toute nouvelle activité pétrolière, gazière ou minière. L’organisation plaide également pour le maintien du moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles, la publication d’une liste claire des investissements autorisés et interdits dans cette zone, ainsi qu’un renforcement des droits des peuples autochtones et des communautés locales, considérés comme les premiers gardiens des forêts.

« Une gouvernance claire est indispensable pour éviter les contradictions entre conservation et exploitation des ressources naturelles », estime Greenpeace Afrique.

Il convient toutefois de distinguer les recommandations de Greenpeace des décisions officielles de l’État. À ce jour, aucune mesure gouvernementale n’a été annoncée pour instaurer un moratoire spécifique sur les nouveaux projets extractifs dans le Couloir vert Kivu-Kinshasa. Les propositions présentées relèvent du plaidoyer de l’organisation et alimentent le débat public sur l’avenir de cette vaste initiative de conservation.

« Le dialogue entre les autorités, la société civile et les communautés sera déterminant », rappellent plusieurs observateurs.

Cette prise de position intervient quelques semaines après les discussions nationales autour du moratoire sur les concessions forestières industrielles. En juillet 2026, la ministre de l’Environnement avait réaffirmé le maintien de ce moratoire, répondant ainsi aux préoccupations exprimées par une coalition d’organisations environnementales. Parallèlement, la RDC poursuit la mise en œuvre de sa Politique forestière nationale 2026-2035, qui ambitionne de concilier développement économique, gouvernance forestière et protection des écosystèmes. Les prochaines étapes, notamment la révision du Code forestier et les décisions relatives au Couloir vert Kivu-Kinshasa, seront scrutées tant par les partenaires internationaux que par les communautés locales, appelées à jouer un rôle central dans la gestion durable du deuxième massif forestier tropical de la planète.

« L’avenir du Couloir vert dépendra de la capacité de la RDC à transformer ses engagements environnementaux en actions concrètes. »

Willy Ulengu Samuanda

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