
Le territoire de Shabunda, au Sud-Kivu, traverse une crise sanitaire inquiétante : le manque de structures médicales adaptées entraîne la mort de femmes enceintes, souvent avant même qu’elles n’atteignent un hôpital. Depuis le début du mois de février 2026, au moins quatre décès ont été enregistrés, mais les habitants estiment que le bilan réel avoisine six vies perdues, fauchées en route vers les soins ou dans l’isolement de leurs domiciles.
Les villages de Luyeye et Nzovu illustrent cette réalité dramatique. La maternité y reste un chemin semé d’obstacles : la seule structure hospitalière accessible, l’hôpital de Kigulube, se situe à plus de 60 kilomètres. Pour une femme en travail, ce trajet devient souvent infranchissable et se transforme en risque mortel.
« À Nzovu et Luyeye, il n’y a que quelques centres de santé en difficulté. Pour leur accouchement, les femmes se rendent à l’hôpital de Kigulube, situé à près de 45 kilomètres, une très longue distance qui cause leur décès », témoigne un habitant.
La société civile locale confirme l’ampleur du problème. Isaac Kilunga, président de la structure, pointe non seulement l’absence de centres de santé fonctionnels, mais aussi la crise des produits pharmaceutiques et la fuite du personnel soignant, laissant la population sans recours face à ses besoins fondamentaux. Les villages de Luyuyu, Katusi, Lugulu et Nzovu Centre, dans la chefferie de Bamukuba Sud, subissent les mêmes conséquences dramatiques.

Cette situation constitue un appel à la mobilisation patriotique : l’État, les organisations non gouvernementales et les citoyens doivent agir rapidement pour doter la région de centres de santé opérationnels, de personnel qualifié et de médicaments essentiels. Garantir l’accès aux soins de santé de base pour les femmes enceintes et leurs enfants n’est pas seulement une nécessité sanitaire, mais un impératif humanitaire.
WILLY ULENGU SAMUANDA