
Le procès de l’ancien président Joseph Kabila s’est ouvert ce vendredi 25 juillet à Kinshasa devant la Haute Cour militaire.
Le ministre de la Justice ad intérim, Me Samuel Mbemba Kabuya, y a assisté en personne, affirmant la fermeté de l’État face aux enjeux judiciaires :
« La justice ne négocie pas, elle ne dialogue pas non plus », a-t-il déclaré à la presse.
Joseph Kabila, ancien chef de l’État congolais (2001–2019), est poursuivi par le ministère public pour son implication présumée dans le soutien au mouvement rebelle M23/AFC, actif dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le dossier a été constitué sur base d’enquêtes des services militaires et d’éléments communiqués par les autorités judiciaires congolaises.
« Le calendrier de la justice est différent du calendrier politique », a insisté le ministre
Et de souligner que ce procès était une affaire de droit, et non une manœuvre politicienne.

Il a également précisé que le ministère avait mandaté des avocats pour représenter la République comme partie civile.
La tenue de ce procès marque un tournant inédit dans l’histoire judiciaire du pays : jamais un ancien président congolais n’avait été traduit devant une juridiction militaire de cette envergure. L’audience de ce vendredi n’a été que le début d’une procédure qui s’annonce sensible, tant sur le plan juridique que politique.

Joseph Kabila, qui rejette les accusations portées contre lui, n’était pas présent à l’ouverture du procès. Ses avocats ont dénoncé ce qu’ils qualifient de procès politique, arguant de l’absence de preuves concrètes.
La Haute Cour militaire devra trancher dans un contexte marqué par la montée des tensions sécuritaires à l’Est et un climat politique polarisé.
BASILE MUYA