Assemblée Nationale – Réforme de la Police Nationale Congolaise | Poursuite de l’atelier de formation des commissions Défense et Sécurité et PAJ

Il faut parfois s’arrêter, s’asseoir, apprendre. Et c’est ce que fait, à huis clos mais en pleine lumière institutionnelle, une partie du Parlement congolais depuis deux jours, dans un atelier aussi discret que décisif : la réforme de la Police nationale congolaise s’y prépare, stylo en main, article par article.

La Commission Défense et Sécurité, épaulée par la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ), a poursuivi ce mercredi 21 mai, son atelier de renforcement des capacités. L’air était studieux, les esprits concentrés : au menu, trois modules pour comprendre — ou plutôt reprendre en main — les fondamentaux de la gouvernance sécuritaire dans une démocratie vacillante.

Sous la houlette du juriste sénégalais Ibrahima Niane, le Parlement a replongé dans ses textes. Trois fonctions cardinales ont été revisitées : la représentation du peuple, la législation, et le contrôle du gouvernement. Pas de surprise dans le discours de l’expert, mais un électrochoc bienvenu :

« On ne peut pas légiférer ni contrôler sans d’abord représenter », martèle Niane.

Manière élégante de rappeler aux élus leur mission première : écouter avant de parler.

La législation ? Oui, mais amendée. Car, selon l’expert, « l’essence même de la fonction législative n’est pas dans l’écriture brute des propositions de lois, mais dans leur transformation ». Et le contrôle parlementaire ? Il ne doit pas être une épée suspendue au-dessus de l’Exécutif, mais un miroir tendu à l’ordre constitutionnel.

L’enjeu sous-jacent à ces discussions ? Une réforme profonde, peut-être même existentielle, de la PNC. Et ce n’est pas un hasard si les exercices de groupe proposés aux députés ont porté sur la perception de la police par la population, l’auto-évaluation de l’institution, ou encore son financement dans la loi des finances.

Car le constat est rude : trop peu de missions de contrôle sur le secteur de la sécurité ont eu lieu durant la dernière législature. Trop peu d’interpellations. Trop de silence face à une police parfois hors de contrôle.

Madame Fatoumata Sira Diallo, qui pilote le projet au nom du Centre Genevois pour la Gouvernance du Secteur de Sécurité (GRSS), ne mâche pas ses mots :

« Il fallait que les parlementaires prennent le temps de comprendre ce projet de réforme. Pas juste le lire. Le porter. Le discuter. Le critiquer même. »

C’est le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qui a lancé la flèche. Le 15 mai, il a présenté ce fameux projet de loi de programmation pour la réforme de la PNC, couvrant la période 2025-2029. Un texte que les commissions examinent désormais à la loupe, avec l’ambition de faire de la réforme de la police un acte de souveraineté parlementaire.

ESPÉRANT DANIEL KAMBULU 

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