
À Kinshasa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Denis Kadima, a inspecté le matériel électoral entreposé dans la capitale. Une visite stratégique, censée poser les fondations d’un processus électoral anticipé et mieux maîtrisé que par le passé.
Le ballet des agents électoraux s’est déroulé sous le regard attentif de Denis Kadima ce 6 mai, au cœur de la commune de Limete. Le président de la Céni s’est rendu à l’entrepôt central de l’institution électorale congolaise pour évaluer l’état des équipements utilisés lors des opérations d’enrôlement et d’identification des électeurs. Objectif : jauger les capacités logistiques de la Céni et anticiper les besoins pour les échéances de 2028.

Un exercice de prévoyance qui tranche avec les retards chroniques ayant marqué les précédents cycles électoraux en RDC.
« Cette fois-ci, on s’y est pris suffisamment à temps. Je suis optimiste et convaincu que nous allons bien évoluer », a confié Kadima à l’issue de sa visite.
Le 4 avril dernier, la Céni a publié sa Feuille de route pour les élections de 2028. L’une des premières étapes de ce chronogramme consiste à inventorier les kits électoraux, vérifier leur fonctionnalité et identifier les réparations ou remplacements nécessaires.
« Cela nous permet de savoir quels sont les problèmes majeurs que présentent nos kits électoraux », a précisé Kadima.
À en croire le président de la Céni, la majorité des machines examinées jusqu’ici sont fonctionnelles. Les autres, en panne ou présentant des anomalies, font l’objet d’une évaluation technique par une équipe d’experts dotés d’outils logiciels et de protocoles de tests physiques. Ce travail de diagnostic permettra d’établir les besoins logistiques et budgétaires de l’institution.

En 2018, la Céni avait été vivement critiquée pour la précipitation avec laquelle elle avait organisé les scrutins, alors marqués par des retards, des contestations et des dysfonctionnements techniques. Cette fois, Denis Kadima entend bien montrer que l’institution qu’il dirige a retenu les leçons du passé.
« Nous avons commencé à temps, contrairement au cycle électoral passé où nous étions contraints de faire du sprint durant un marathon », a-t-il déclaré, non sans une pointe de lucidité sur les défis qui restent à relever.

Si la Céni semble vouloir jouer sa partition avec anticipation, le président Kadima rappelle néanmoins que la réussite du processus reste conditionnée à la mise à disposition des moyens.
« La Céni, comme d’habitude, fait toujours sa part. Si les moyens suivent, tout ira pour le mieux. »
Rappelons que la Commission électorale nationale indépendante est l’une des trois institutions d’appui à la démocratie en République démocratique du Congo. Elle a la lourde responsabilité d’organiser l’ensemble du processus électoral, de l’enregistrement des électeurs jusqu’à la publication des résultats provisoires, lesquels doivent ensuite être confirmés par la Cour constitutionnelle, seule habilitée à proclamer les résultats définitifs.
LUKEKA KALUME